Among Ashes est un jeu d’horreur au concept très fort. On passe la majorité du temps à jouer à un jeu des années 2000 sur un PC dans notre appartement. Un jeu dans le jeu, donc. Le synopsis est simple et efficace : « on est en 2001, et un pote nous envoie un lien vers un jeu obscur qui traîne sur le web. Mais en y jouant, on comprend vite que quelque chose cloche sérieusement. Une présence sombre hante ce jeu… et elle veut sortir. En combattant des monstres cauchemardesques et en résolvant des énigmes bien tordues, la frontière entre le jeu et la réalité devient floue. Survivras-tu à la nuit ? Quoi que tu fasses… CONTINUE À JOUER ».

Du coup, on commence Among Ashes en lançant un faux vieux jeu à la sauce Doom ou Quake. On se fait exploser par le premier boss, et paf, un pote nous écrit via un clone de MSN (la messagerie instantanée pour nous, les boomers). Il nous file un lien vers un autre jeu d’horreur, soi-disant cool. Ni une ni deux, on retourne sur notre PC, on lance le lien, et là : Night Call. Un hommage assumé aux premiers Resident Evil et Silent Hill, en vue FPS. Les graphismes rappellent fièrement l’ère PS1, avec cette patte bien polygonale qui pique un peu les yeux, mais fait tout le charme.

Au fil de l’aventure, des trucs chelous commencent à se produire : des bruits, des voix, des interférences… Et très vite, ça déborde chez nous. On peut quitter le PC à tout moment pour explorer notre appartement : une chambre, un salon, une cuisine… et c’est à peu près tout. Mais attention, y’a de l’ambiance : apparitions furtives, fantômes qui nous fixent, coups frappés à la porte, et même une main flippante sous le lit.
Très vite, le message est clair : il faut finir le jeu pour sortir de cette galère. Heureusement, on peut continuer à discuter avec notre pote qui joue aussi, et visiter des liens où d’autres joueurs échangent des astuces — et apparemment, eux aussi vivent des trucs pas nets dans leur appart…

L’ambiance de Among Ashes est excellente. Le quatrième mur est explosé, on s’y croirait. Quand t’es bien concentré sur ton run de Night Call et que le jeu te lâche un gros bruit externe, t’as vraiment l’impression que ça vient de chez toi. Sur PC, l’immersion doit être encore plus dingue, surtout qu’on peut taper ce qu’on veut dans la messagerie MSN. Sur console, c’est heureusement scripté : on clique juste sur les bulles de dialogue, c’est plus simple.
Techniquement, c’est bien fichu. Alors oui, Night Call a des graphismes volontairement datés, avec des polygones qui piquent (mention spéciale à la servante à la poitrine aussi généreuse que triangulaire), mais ça colle parfaitement à l’ambiance 2001. La vue FPS est fluide, ce qui rend le tout moins rigide qu’un Resident Evil old school.

Dans le monde « réel », c’est plus moderne, plus réaliste et plutôt propre. Les décors sont soignés, l’ambiance fonctionne bien. Et pour le fun, il y a même un jeu dans le jeu… dans le jeu. Oui, on frôle le niveau Inception pour résoudre une énigme bien pensée. Le concept est poussé très loin.
La bande-son est soignée : les doublages sont convaincants, les musiques mettent franchement mal à l’aise, et les bruitages viennent bien gratter le fond de ton cerveau. Du bon taf, encore une fois. Le gameplay est efficace : ça mixe intelligemment le FPS sauce survival horror avec du walking simulator, et l’ensemble se tient. Il y a deux boss dans le jeu, avec des mécaniques classiques pour les vaincre, dans la pure tradition des jeux d’époque.
Comptez environ 4 bonnes heures pour boucler le jeu en mode normal. En difficile, ça demande plus de skill et quelques gouttes de sueur supplémentaires.

J’ai pris énormément de plaisir à découvrir cette histoire, bien écrite et bien mise en scène. L’univers est riche, l’ambiance très prenante, et il y a plein de bonnes idées. Les énigmes sont intelligentes sans être injustes, on avance sans trop bloquer, on sursaute de temps en temps, et surtout : on veut voir la fin. Bref, Among Ashes est un vrai bon jeu d’horreur, que je conseille grandement : un vrai coup de cœur de la scène indépendante !
