Tant attendu, Assassin’s Creed Black Flag refait surface avec cette version Resynced, ou autrement dit, c’est un remake. Et quel remake, oui, cet épisode est culte tant il a été apprécié des fans d’Assassin’s Creed. Mais le Théo qui avait 10 ans à l’époque ne l’avait pas du tout apprécié. Alors me revoilà, âgé de 22 ans aujourd’hui pour y (re)jouer. Est-ce que le temps va changer mon avis ?

Assassin’s Creed Black Flag Resynced est dans mes mains depuis une dizaine de jours et je dois déjà consulter l’ophtalmologue car j’ai une des rétines qui s’est décollée. En effet, le jeu est ÉPOUSTOUFLANT, INCROYABLEMENT BEAU. Oui, j’écris en majuscule car ça mérite d’être souligné. L’aventure de Kenway est si belle, vraiment. Il s’agit du premier jeu que j’ai lancé sur ma XBOX Series X que je viens de recevoir et j’ai été émerveillé. Sincèrement, Ubisoft a fait du très bon boulot. Ce n’est pas une surprise car les AC ont toujours été très beaux à mon sens mais là, la piraterie n’a jamais été aussi foudroyante. Les jeux de lumière lorsqu’il y a des tempêtes, la physique de l’eau qui est la plus abouti, les couleurs chatoyantes qui rendent l’aventure justement colorée, les animations faciales lors des combats : bref, il y a beaucoup d’éléments graphiques sur lesquels les développeurs se sont amusés et ça se ressent.

Lorsque j’ai mis les pieds à La Havane, ce qui m’a particulièrement marqué, c’est que la ville portuaire regorge de vie. Les nombreux PNJ sont de véritables personnages, ont leurs propres animations et ne sont pas simplement des plots vides. Chacun mène ses tâches, parlent, interagissent entre eux et c’est ce qui fait la force de ce Resynced, c’est une aventure vivante. Et même les animaux sont en nombre, vous allez croiser des crocodiles, des chats sauvages, des singes et même Jingoro au comptoir du bar. Mais par contre, tout n’est pas parfait : lors des cinématiques, je trouve que les animations faciales manquent de justesse et de qualité, et c’est d’ailleurs ce qui a toujours péché dans cette licence, surtout sur les jeux récents. Compte tenu de la qualité du monde extérieur, on pourrait s’attendre à de l’amélioration de ce côté là. Mention spéciale pour le Sound Design qui est excellent, notamment lorsqu’on navigue sur les mers. Les bruits des vagues qui se cognent sur la coque du bateau, le bois qui craque, les boulets de canons qui s’écrasent sur le navire adverse, l’orage qui rugit dans les cieux : cela rend encore plus immersif notre voyage.

Ce que je n’avais pas aimé à l’époque, c’était la phase de navigation et de combats en bateau. Et mon avis n’a malheureusement pas changé. C’est un avis purement subjectif, je trouve que cela prend beaucoup trop de place et surtout, cela se détache beaucoup trop selon moi de l’essence même d’Assassin’s Creed : les combats au corps à corps, le parcours, la discrétion, le milieu urbain. Mais dans un jeu où la piraterie en est le thème principal, c’est normal. Cette partie est très maitrisée, évidemment, même si je suis clairement très nul, j’admet que les développeurs ont réussi à rendre ses lettres de noblesse au Jackdaw (le bateau d’Edward). Je trouve aussi, comme à l’époque, que le jeu bride pas mal la liberté de mouvement du joueur. Alors qu’on peut grimper des bâtiments ou des navires gigantesques, de simples rochers nous empêchent de progresser. Certaines îles ne sont qu’accessibles à la moitié de leurs superficies, des murs de végétations et de rochers font offices de murs invisibles. Clairement, c’est peut-être la map que j’aime le moins de tous les Assassin’s Creed.

Mais au-delà de ces deux aspects, Assassin’s Creed Black Flag Resynced montre surtout que les formules RPG de la licence sont complètement dépassées par ce retour au source. Cet épisode prouve qu’une histoire bien écrite, développée et linéaire est plus impactante dans le cerveau des joueurs qu’une histoire banale, sans âme comme l’a été Shadows (toujours selon moi). L’aventure d’Edward est originale mais respecte avant tout l’histoire de l’Animus et des Assassins. Il arrive, certes, par hasard avec cette cape mais il la porte dignement : c’est un as du parkour (même si cette phase n’est pas aussi perfectionnée que celle de Unity), il maitrise parfaitement les assassinats avec la lame secrète (mais je regrette son absence en arme principale), il est obnubilé par la quête de l’Observatoire et surtout, il est badass en fait. Et oui, la licence Assassin’s Creed s’est construite grâce à des figures emblématiques : Ezio, Connor, Arno, et Kenway (qui est le grand-père de Connor d’ailleurs).

Un des gros points positifs de ce Resynced concerne les combats. Le gameplay est excellent, malgré l’absence de la lame secrète comme arme seule. Les esquives, les parades, les finitions, le gunplay, les assassinats, les coups d’épée dans la jugulaire, tout est réussi. Tout est fait pour laisser le choix au joueur : combattre et foncer dans le tas ou choisir des méthodes plus discrètes. Les combats sont très réussis et sont peut-être les meilleurs de la licence. J’ai l’impression qu’ils ont pris le meilleur de tous les épisodes, y compris Shadows, et ont équilibré le tout pour permettre à Kenway d’être un assassin hors-pair.
Bref, je vais être moins sévère que notre pirate Korganor à l’époque, je vais lui adresser un 80/100. Ce Assassin’s Creed Black Flag Resynced renoue le lien fort entre les fans de la licence et ce qu’elle devrait continuer à être : une aventure avec une histoire forte, du parkour et des combats aboutis, un standard visuel exceptionnel, une map vivante et surtout, le cœur de la licence, une personnalité forte. Ce retour aux sources est réussi, merci Ubisoft.
