Test de Bad End Theater – La dramaturgie parfaite

J’ai rarement vu un jeu aussi trompeur dans sa présentation. Bad End Theater, avec son pixel art mignon et ses couleurs pastels, m’a d’abord donné l’impression d’un conte gentil. Puis j’ai compris. Ici, tout est une question d’échec. De morts absurdes. De fins cruelles. Et c’est justement ce contraste qui m’a happé. Chaque scénario est court, mais laisse un drôle de goût. J’ai souri devant certaines absurdités. J’ai grimacé aussi. Parce qu’on enchaîne les “mauvaises fins” comme on tournerait les pages d’un recueil maudit. (Malgré des screenshots en anglais, le jeu est disponible intégralement en français)

Ce que j’ai aimé, c’est le jeu avec les perspectives. On incarne plusieurs personnages, on change leur caractère, et à chaque fois l’histoire bifurque. Un choix pour l’un ruine le destin d’un autre. Et ce petit théâtre, avec ses rideaux rouges et sa mécanique en boucle, devient alors un terrain d’expérimentation assez jouissif. Je me suis surpris à vouloir toutes les fins, même les plus injustes. Parce que dans ce chaos scénaristique, une cohérence finit par apparaître. Une sorte de logique perverse, brillante.

Mais le jeu n’est pas parfait. Il va vite. Trop vite, parfois. Les dialogues sont courts, parfois trop peu développés pour qu’on s’attache vraiment aux personnages. Et la navigation peut devenir répétitive quand on cherche à tout voir. J’aurais aimé un peu plus de chair, un peu plus de temps pour digérer ce que je voyais. Parce que certains enchaînements sont d’une violence émotionnelle inattendue.

Malgré ça, j’en garde un souvenir fort. Bad End Theater m’a pris par surprise. Derrière ses faux airs mignons, il m’a baladé dans un labyrinthe narratif où le libre arbitre se heurte à la fatalité. Et même si je savais que ça finirait mal… j’ai voulu y retourner encore.