Construire un univers, une fanbase, multiplier les projets différents autour d’un jeu est un vrai défi. Cowcat Games, après Brok The Investigator, s’y essaie. Après l’original et le visual novel, voici Brawl Bar : une succession de défis de baston façon beat’em all qui devrait amuser les fans de la licence.


Pour vous dépeindre les dessous cachés de la rédaction, j’ai chroniqué Brok The Investigator, que j’avais trouvé au demeurant assez sympa et divertissant, mais qui manquait de ce “je ne sais quoi” qui en fait un jeu addictif et marquant. J’avais encouragé son créateur à poursuivre dans cette voie, car le jeu était bourré de promesses. Cowcat Games, son créateur Fabrice Breton, avait critiqué mon test. J’essaie toujours de me mettre à la place du joueur lambda. J’accepte la critique, je ne suis pas parfait, donc, j’avais retouché mon test sans dénaturer mon avis : une première pour moi. C’est donc avec une certaine appréhension que j’aborde Brawl Bar. Je resterai honnête avec vous et droit dans mes bottes.

Brok est parachuté dans un bar. Nous y retrouvons certains protagonistes du jeu principal. C’est donc avec une teinte de nostalgie que commence ce Brawl Bar. Nous serons amenés à discuter avec tous les membres présents afin d’étoffer l’univers brokien et de délivrer moult activités : faire tourner une roue de la chance pour débloquer des musiques dans le jukebox, participer à un concours de bras de fer, et même construire nos propres défis.


Car oui, le jeu est constitué de défis de beat’em all. Vous entrez dans la cabine VR du bar pour accéder à ces défis. En étant dans la peau de Brok ou d’un de ses comparses, vous serez confronté à des missions allant d’éliminer les ennemis dans un temps imparti, à survivre, ou encore à composer avec des conditions particulières comme un sol glissant ou des tempêtes… avec des boss et quelques surprises, comme un virus informatique.


Même si tout cela peut sembler divertissant, on enchaîne les défis sans passion. C’est bien là le problème. Si le jeu est vendu à prix réduit, il n’en reste pas moins assez redondant. La palette de coups des personnages a beau être variée, on ne pense qu’à une chose : finir le défi. De mon point de vue, cela gâche tout ce que Cowcat avait tenté de faire avec son jeu principal : étoffer la narration tout en y incorporant des phases de beat’em all. C’était la narration qui primait, et la baston n’était là que comme une petite douceur.


Il faut reconnaître que Fabrice maîtrise son sujet : il apporte des défis quotidiens afin de faire vivre son jeu et a mis l’accent sur l’accessibilité afin que toutes et tous prennent plaisir sur ce Brok Brawl Bar. Cela en fait un jeu moyen, où les fans de son travail pourront continuer à promouvoir son savoir-faire et l’encourager. Les autres détourneront le regard, car cela n’apporte rien de nouveau et n’y verront qu’un intérêt limité.
Malgré que nous ne soyons pas d’accord avec Cowcat Games, je lui renouvelle tous mes encouragements et espère qu’il s’accroche afin de toucher un maximum de public. C’est ce que tout créateur d’une œuvre souhaite : toucher un large public, faire parler… Voyons ce jeu non pas individuellement, mais dans la globalité de son univers.

