Test de BrokenLore: DON’T WATCH – Je crois qu’on m’observe!

Dans BrokenLore: DON’T WATCH, on troque les manoirs hantés et les asiles décrépis pour… un petit appartement tokyoïte. Et pourtant, le malaise est bien là. On y incarne Shinji, un hikikomori enfermé dans son deux-pièces, prisonnier de ses dettes, de sa solitude et d’un yokai centenaire qui a eu la bonne idée de s’incruster dans son quotidien. Entre son PC, ses angoisses et Hyakume, l’entité aux cent yeux qui rôde, la frontière entre réalité et cauchemar se brouille très vite. Spoiler : il vaut mieux éviter de fixer les choses trop longtemps.

Le concierge a du boulot

On est face à un vrai huis clos. Pas de grands espaces, pas de fuite possible, juste quatre murs, une porte qui sonne trop souvent, et une télé qui ne présage rien de bon. Le jeu joue habilement sur cette claustrophobie, avec une tension qui monte par petites touches. Le simple fait d’ouvrir la porte ou de se retourner devient un moment de stress, preuve que le studio a bien compris comment instiller la peur sans jumpscares faciles.

J’ai pas commandé de pizza

Les thématiques abordées sont fortes : l’isolement social, l’anxiété, le repli sur soi. Ce n’est pas qu’un jeu d’horreur pour se faire peur un soir de pluie : c’est aussi une plongée dans l’esprit d’un jeune complètement coupé du monde. Et là-dessus, BrokenLore: DON’T WATCH tape juste. On ressent l’oppression, l’incompréhension familiale, et ce fameux écran qui devient la seule fenêtre vers l’extérieur.

Beau gosse

Visuellement, c’est correct sans être renversant. L’appartement est détaillé comme il faut pour qu’on s’y croie, et certaines séquences – notamment quand on “entre dans la TV” – sont volontairement plus brutes, renforçant la sensation de malaise. Ce n’est pas un jeu qui mise sur la technique, mais sur l’ambiance. Et à ce niveau-là, c’est réussi.

Mes voisins inconnus

La bande-son fait également son boulot : doublage japonais convaincant, sons inquiétants qui arrivent toujours au mauvais moment, et une VF traduite avec soin. Pas de fausse note de ce côté-là. On regrettera juste que l’expérience file à toute vitesse : une heure de jeu, trois fins possibles (dont une secrète qui révèle quelques indices sur les liens entre les différents jeux), mais pas vraiment de raison d’y revenir une fois la tension dissipée.

Petit passage « in TV »

Côté gameplay, c’est du walking simulator pur jus. Pas besoin d’apprendre une liste de combos ou d’avoir des réflexes de ninja : ici, tout est accessible. La mécanique principale consiste surtout à gérer l’angoisse ambiante, éviter le regard du yokai et interagir avec quelques éléments de l’environnement. Simple, mais efficace dans ce qu’il cherche à faire.

Oui, je vais te planter

Alors oui, BrokenLore: DON’T WATCH ne révolutionne pas le genre, mais il a cette personnalité singulière qui mélange horreur japonaise et drame social. Pour 9,99 €, ça reste honnête : une petite soirée de flip psychologique, sans superflu, mais avec un vrai fond derrière.

En conclusion, BrokenLore: DON’T WATCH est un jeu court mais avec une histoire efficace. Si vous voulez un petit moment stressant, dans le délire des films/jeux d’horreur japonais, tout en ayant une histoire qui parle des problèmes des hikikomori, vous devriez apprécier.