Dans Buildest, on ne tire pas sur des aliens, on ne fuit pas des zombies, non. Ici, on trace des plans, on taille des colonnes et on hurle sur des ouvriers en retard. Le jeu vous propulse dans le rôle d’un architecte à travers sept époques, de l’Égypte antique à l’Art déco américain. Le concept : explorer les chantiers, fabriquer les bons matériaux et orchestrer la construction pièce par pièce, seul ou jusqu’à quatre en coopération. Une sorte de Overcooked de la maçonnerie, où le stress vient plus des plans que des poêles à frire.

Visuellement, Buildest joue la carte du mignon sans trop se mouiller. Les petits personnages tout ronds font sourire, les décors sont colorés, mais on ne criera pas au chef-d’œuvre visuel. C’est propre, mais pas marquant. Le vrai souci arrive dès les premières minutes : le tutoriel. Mal expliqué, confus, et sans traduction française, il nous fait plus transpirer que le soleil d’Égypte sur un chantier en plein désert. Comprendre le fonctionnement des ateliers, des ressources et des ordres à donner relève de l’archéologie.

Le gameplay, lui, a de bonnes idées, mais demande une patience d’architecte romain. Il faut assimiler beaucoup d’actions, de menus et de mécaniques avant de vraiment s’amuser. Et pour un jeu qui se veut coopératif, c’est un peu raide. En solo, la charge de travail est lourde et répétitive. À plusieurs, ça devient immédiatement plus drôle : les erreurs s’enchaînent, les blocs s’effondrent, les engueulades pleuvent… bref, le chaos créatif prend enfin forme.

Ce qui sauve Buildest, c’est son voyage dans le temps. Passer d’une pyramide à un temple grec, puis à une cathédrale médiévale, ça a quelque chose de fascinant. Chaque époque apporte ses matériaux, ses décorations et ses petites surprises. On débloque aussi de nouvelles recettes pour concevoir ses propres créations, et ça, c’est vraiment satisfaisant. Le jeu a une vraie envie de nous faire aimer l’architecture sous toutes ses formes, et ça se sent.
La musique, en revanche, n’a pas la même inspiration. Elle boucle rapidement, au point de donner envie de poser la truelle et de couper le son. Les bruitages, eux, font le travail sans plus. On aurait aimé un peu plus de variété et d’ambiance sonore selon les époques.

En coop, Buildest prend enfin tout son sens. On se chamaille, on se perd dans les plans, on s’amuse à corriger les bêtises des autres, et on se rend compte qu’on vient de construire un temple grec avec un toit baroque. C’est là que le jeu brille, même si la complexité du gameplay reste un vrai frein pour les joueurs occasionnels. Ce n’est pas un jeu à lancer à l’arrache sans expliquer les règles ou le fonctionnement.
En conclusion, Buildest veut mixer le côté party game avec le jeu de construction. L’idée est séduisante, mais le fun d’un Overcooked est difficile à atteindre, car le gameplay, trop complexe, freine rapidement le rythme. J’aurais préféré un jeu plus accessible, quitte à sacrifier un peu de profondeur. Mais pour ceux qui persévèrent et maîtrisent les mécaniques, il y a de quoi passer de longues heures à ériger des merveilles à travers le temps.