On pourrait croire qu’incarner une petite abeille en quête de bonheur serait une expérience douce et apaisante. Bumblebee – Search for Happiness nous promet justement une aventure contemplative, où l’on explore de vastes paysages, rencontre des animaux amicaux et se laisse porter par un vent de sérénité. Malheureusement, cette aventure vire rapidement au cauchemar vidéoludique, où la recherche du bonheur se transforme en quête désespérée d’un brin d’intérêt.

Le problème avec Bumblebee, c’est qu’il ne réinvente absolument rien. EpiXR Games nous ressert ici leur recette habituelle : prenez un environnement vide, ajoutez un animal volant (cette fois-ci, une abeille), saupoudrez de pseudo-contemplation, et voilà ! Et à peu près comme d’habitude, la magie ne prend pas. Le jeu est techniquement à la ramasse : les décors apparaissent et disparaissent à quelques mètres devant nous, créant une sensation de flou constant. Les effets de lumière maladroits n’arrangent rien, et on a parfois l’impression de voler dans un vieux fond d’écran Windows mal compressé.

Le contrôle de l’abeille est une épreuve en soi. Les deux sticks sont requis pour manœuvrer la petite bestiole, mais autant dire qu’il vaut mieux éviter de faire demi-tour sous peine de finir coincé dans un mur invisible. Les bugs de collision sont fréquents, et l’expérience de vol, censée être relaxante, se transforme en exercice de patience digne d’un stage de méditation forcée.

Côté ambiance sonore, c’est la débandade. La musique est répétitive, agressive même, ce qui contraste violemment avec la promesse de détente. Les bruitages, eux, sont tout simplement inexistants ou si discrets qu’on se demande si notre casque fonctionne bien. Quant à la voix off en anglais, elle manque cruellement de vie, transformant chaque phrase en berceuse monotone (mais pas dans le bon sens).

Le jeu propose dix niveaux, chacun aussi vide et ennuyeux que le précédent. La collecte de feuilles, censée nous occuper, devient vite une corvée. On se perd, on tourne en rond, et le peu de plaisir qu’on aurait pu y trouver s’évapore rapidement. Si l’objectif était de nous faire ressentir la lassitude d’une abeille errant sans but, alors c’est un succès. Sinon, c’est un échec total.
Au final, Bumblebee – Search for Happiness n’est ni dépaysant ni relaxant. C’est un titre techniquement raté, avec une bande-son à rendre chèvre, et un concept de « recherche du bonheur » qui finit par nous filer le bourdon. Quand un jeu censé être zen devient aussi irritant qu’un moustique dans une chambre sombre, on peut dire sans hésiter que le concept est piqué au vif… et complètement raté !
