Test de Bunninjutsu – Chaque saut est important

Bunninjutsu est un jeu de plateforme 2D qui mise tout sur le timing et la précision. On y incarne un lapin ninja en plein entraînement, lancé dans une série de niveaux où chaque saut a une conséquence directe sur le décor. Ici, sauter ne sert pas seulement à avancer, mais aussi à modifier l’environnement en activant ou désactivant plateformes, pièges et autres réjouissances mortelles. L’objectif est simple: atteindre le torii de fin de niveau et prouver que ce lapin mérite sa ceinture noire.

Dans les faits, Bunninjutsu fonctionne sur une idée très proche de Lonely Guardian sauf qu’il y a une mécanique de saut. Chaque saut change l’état de certaines plateformes, qui deviennent visibles ou invisibles selon la couleur active. Sur le papier, c’est malin, car cela permet soit de créer un passage sûr, soit au contraire de transformer la zone en véritable champ de mines. Le problème, c’est que cette mécanique, répétée en boucle, devient vite plus confuse que réellement stratégique.

Côté contrôles, rien de révolutionnaire mais du solide sur le principe. Le lapin peut sauter, double sauter et rebondir sur les murs. Les déplacements sont nerveux, réactifs, et donnent une vraie sensation de dynamisme. Malheureusement, dès que les niveaux se complexifient, l’enchaînement des sauts et des changements de plateformes rend la lecture de l’action assez brouillonne. On meurt souvent non pas par erreur de timing, mais parce que l’écran devient un joyeux bazar de plateformes qui apparaissent et disparaissent sans laisser le temps de réfléchir.

Le level design, justement, est le point le plus discutable. Les 30 niveaux sont faits à la main, mais beaucoup donnent l’impression d’empiler les pièges sans réelle finesse. Là où Lonely Guardian parvenait à rester lisible, Bunninjutsu sombre parfois dans le trop-plein. Trop de plateformes, trop de changements d’état, et une sensation de chaos qui nuit au plaisir de jeu. On avance plus par essais et erreurs que par réelle maîtrise.

Visuellement, le jeu reste très classique. Le style 8 bits fait le travail sans jamais surprendre. Les décors sont propres, lisibles, mais manquent clairement de personnalité. Même constat pour la bande-son, qui boucle rapidement et finit par se faire oublier, voire légèrement agacer sur les longues sessions. Rien de catastrophique, mais rien de mémorable non plus.

La difficulté se veut accessible, avec des checkpoints bien placés et des redémarrages rapides. De ce côté-là, le jeu respecte le joueur occasionnel et évite la frustration pure. Mention spéciale pour les 2000G, faciles à obtenir, ce qui ravira les chasseurs de succès plus que les amateurs de défis corsés.

En conclusion, Bunninjutsu est un autre plateformer à la sauce Afil Games, dans la même veine que Lonely Guardian par exemple. Mais là où ce dernier parvenait à être chill tout en restant plaisant, Bunninjutsu se montre moins agréable à cause d’un level design trop bordélique. Une idée intéressante, un lapin ninja sympathique, mais un jeu qui manque clairement de clarté pour vraiment convaincre.