Test de Bunny Pit Stop: Vegas Rush – Lapin en rade

Préparez-vous à enfiler les oreilles d’un lapin mécano dans un Las Vegas qui semble avoir été conçu par un architecte fan de puzzles et de rangement compulsif. Bunny Pit Stop: Vegas Rush reprend la formule du Sokoban en vous demandant de pousser des caisses à outils jusqu’à des pneus crevés disséminés dans des stands de course. Sur le papier, c’est simple, relaxant et accessible. Dans la pratique, c’est un peu comme promettre un séjour de luxe au Caesars Palace avant de vous installer dans un motel avec vue sur une station-service.

Au niveau des graphismes, Afil Games reste fidèle à sa formule habituelle. Les décors sont colorés, les environnements ont un minimum de personnalité et l’ensemble est parfaitement lisible. Le problème, c’est que cela reste extrêmement simpliste. On est davantage face à un habillage fonctionnel qu’à un univers mémorable. C’est mignon sans être marquant. Rien de catastrophique, mais rien qui donne envie de faire des captures d’écran pour épater les copains.

Concernant le gameplay, on retrouve le principe classique du Sokoban : pousser des objets au bon endroit en évitant de se coincer. Une formule qui fonctionne depuis des décennies et qui continue de séduire les amateurs de casse-têtes. Malheureusement, Bunny Pit Stop: Vegas Rush trébuche sur un obstacle énorme. À chaque déplacement ou presque, une latence se fait sentir. Par moments, le jeu donne l’impression de figer brièvement avant d’enregistrer votre action. Dans un titre où l’intégralité de l’expérience repose sur le déplacement case par case, c’est un problème colossal. C’est un peu comme jouer à Street Fighter avec une manette qui réfléchit avant chaque coup : techniquement ça fonctionne, mais l’envie de continuer disparaît très vite. À cela s’ajoute une difficulté assez mal dosée, avec des niveaux parfois étonnamment simples suivis de casse-têtes qui sautent plusieurs étapes sans prévenir.

Pour la bande-son, la situation n’est pas beaucoup plus brillante. Les musiques tournent rapidement en boucle et finissent par taper sérieusement sur le système. Au bout d’un moment, on se surprend à baisser le volume ou à lancer une playlist Spotify en arrière-plan pour préserver sa santé mentale. Même le célèbre meme du lapin énergique d’ internet semblerait demander une pause après quelques niveaux. C’est dommage, car un puzzle game relaxant repose souvent sur une ambiance sonore apaisante, et ce n’est clairement pas le cas ici.

Concernant la durée de vie, les 30 niveaux proposés permettent d’occuper quelques soirées, surtout pour les joueurs qui aiment optimiser leurs déplacements et résoudre chaque énigme proprement. Le contenu n’est donc pas ridicule, mais les problèmes techniques viennent sérieusement entamer l’envie d’aller jusqu’au bout. Lorsqu’un Sokoban devient frustrant à cause de son exécution plutôt que de ses énigmes, il manque sa cible. On avance, mais davantage par obstination que par plaisir. Ou alors, c’est pour chopper 2000G facilement.

Au final, Bunny Pit Stop: Vegas Rush réussit l’exploit d’affaiblir une formule pourtant éprouvée depuis des années. Entre sa réalisation minimaliste, sa musique vite agaçante, sa difficulté irrégulière et surtout cette latence omniprésente qui transforme chaque déplacement en mini-épreuve, le voyage à Las Vegas ressemble davantage à une panne sur le bord de la route qu’à une course triomphale. Même ce pauvre lapin aurait probablement préféré rester dans son terrier.