Il était une fois, dans une Angleterre du début du XXe siècle, une jeune fille nommée Lana Benton qui partit à la recherche de son amie disparue, Carole Simmons. Sa quête la mena à Bunny Hall, un orphelinat aussi accueillant qu’un grenier à poupées hanté, puis jusqu’à Corolla, un royaume mystérieux peuplé de lapins pas vraiment mignons et d’une chouette maléfique qui surveille tout d’un œil… perçant. Développé par Chris Darril (le créateur de Remothered), Bye Sweet Carole se présente comme un conte horrifique en 2D dessiné à la main, mêlant animation façon Disney et ambiance cauchemardesque. Autant dire que sur le papier, c’est intrigant.

Dès les premières minutes, impossible de ne pas être hypnotisé par la direction artistique. Le jeu ressemble à un vieux film d’animation sorti d’un coffre à musique oublié : chaque plan est une illustration animée à la perfection, chaque personnage semble sorti tout droit d’un dessin Disney… avant de se faire engloutir par des lapins de goudron. C’est à la fois magnifique et dérangeant, un mélange qui fonctionne très bien visuellement.

La bande-son accompagne parfaitement cette atmosphère enchanteresse et inquiétante. Les musiques oscillent entre comptine et tension dramatique, les doublages anglais sont impeccables, et les bruitages soignés renforcent l’immersion. Bref, sur le plan sensoriel, Bye Sweet Carole met la barre très haut.
Là où le charme s’effrite, c’est dans le gameplay. On est ici sur du point and click mâtiné d’aventure narrative : Lana explore, ramasse des objets, les utilise pour résoudre de petites énigmes, et avance d’un chapitre à l’autre. Malheureusement, tout est assez rigide. Même si notre héroïne peut courir, la lenteur générale des déplacements et l’enchaînement d’actions répétitives finissent par endormir la curiosité du joueur.

Les transformations en lapin viennent apporter un peu de variété et quelques séquences plus dynamiques, mais ce n’est pas suffisant pour casser le rythme. L’histoire, bien qu’intéressante et joliment mise en scène, progresse à pas de souris. Chaque chapitre s’étire, et la narration finit par manquer de souffle. On aimerait bondir de rebondissement en rebondissement, mais on piétine, un peu comme dans un rêve dont on n’arrive pas à se réveiller.
Côté durée de vie, comptez environ 6 à 7 heures pour en voir le bout, ce qui est honnête pour ce type d’expérience. Mais entre les phases contemplatives et les allers-retours laborieux, il y a fort à parier que certains joueurs décrochent avant la fin, malgré l’envie sincère de connaître le sort de Carole.

En conclusion, Bye Sweet Carole attire tout de suite l’œil avec sa direction artistique qui est un vrai hommage aux films Disney. Mais il aurait mieux fallu un vrai jeu de plateforme car le gameplay est trop lent, le rythme de l’histoire est trop mou et au final, l’enchantement des graphismes ne suffit pas à rester éveillé. La belle au bois dormant en quelque sorte… il est où le prince qui va me réveiller ??