Test de Caligo – Le walking simulator qui prend son temps… et le notre !

Bienvenue dans Caligo, ce walking simulator où vos chaussures virtuelles ne risquent pas de s’user trop vite. Ici, pas de combat, pas d’inventaire, pas de puzzle… pas grand-chose en fait, si ce n’est une ambiance sombre, quelques décors nébuleux, et une voix-off qui aime beaucoup s’écouter parler. Préparez-vous à un voyage introspectif au rythme d’une tortue en pleine sieste, le tout emballé dans un paquet cadeau un peu froissé mais parfois joliment éclairé.

Il va nous endormir à force de parler

Première chose à savoir : dans Caligo, on marche. Lentement. Très lentement. Si lentement que même un escargot dopé au café vous mettrait la misère. Et comme le gameplay se résume à avancer tout droit pendant qu’une sorte de démon vous pollue la tête de mots, autant dire que la patience est votre seule arme. Pas de bouton pour courir, pas de saut, pas d’interaction au-delà de quelques dessins qu’on ramasse ici et là. C’est de la contemplation pure, version sédatif.

Avec de la couleur c’est mieux

Narrativement, le jeu tente une introspection pseudo-philosophique sur la vie, la mort, les choix, les regrets, et probablement la signification existentielle des chaussettes orphelines perdus dans le lave linge. Le souci ? C’est en anglais intégral, non sous-titré en français. Et vu que l’acting vocal est au mieux médiocre, on finit par décrocher vite si on ne maîtrise pas bien la langue de Shakespeare. Les échanges entre personnages tombent souvent à plat, et la tentative de profondeur passe parfois à côté, faute de conviction.

La cérémonie des Oscars?

Graphiquement, Caligo est un peu schizophrène. Certains passages, notamment ceux où les effets de lumière viennent jouer avec l’environnement, peuvent être très beaux. Mais dans les zones ternes, on se croirait dans un vieux jeu indé de 2010. Le contraste est saisissant, et pas toujours flatteur. La direction artistique veut évoquer le rêve, le cauchemar, la transition entre les mondes… mais avec des moyens limités et un moteur graphique qui souffle le chaud et le tiède.

J’ai dépensé sans compter

Niveau bande-son, c’est sans doute l’un des rares points positifs. Les musiques sont agréables, planantes, parfois mélancoliques, et accompagnent bien le ton du récit. Les bruitages sont corrects sans briller, mais ils remplissent leur rôle sans déranger. Rien de mémorable, mais rien de gênant non plus, ce qui est déjà ça. Dommage que les doublages ne soient pas terribles encore une fois. La durée de vie tourne autour d’1h30 à 2h. Une petite expérience narrative qui aurait pu toucher davantage si elle avait bénéficié d’une traduction accessible. Et si notre personnage pouvait trottiner un peu, franchement, ce serait pas du luxe. 

Encore un arbre!

Vous l’aurez compris, Caligo, c’est un walking simulator très lent, qui deviendra même très chiant si vous ne comprenez rien à l’anglais. L’histoire a de bonnes intentions et quelques jolis moments graphiques sauvent un peu l’affaire, mais dans l’ensemble, ça ne vole pas haut. Disons que c’est un peu comme lire un poème existentiel… en langue étrangère… en marchant dans la boue. A vous de voir !