Si vous pensiez que sauver votre chien allait être une aventure épique, préparez-vous plutôt à marcher, beaucoup marcher, dans des couloirs grisâtres dignes d’un vieux local technique de collège. Canine nous met dans la peau d’un gamin qui cherche son fidèle Tomy, kidnappé par une société louche qui mène des expériences douteuses sur les animaux. Sur le papier, ça sonne comme un mélange de Resident Evil période PS1 et d’un drame animalier. Dans les faits… c’est surtout un walking simulator qui a oublié de mettre un peu de croquettes dans sa gamelle.

Visuellement, on est dans du “rétro” qui ressemble surtout à un vieux PC sans carte graphique dédiée. Les textures semblent avoir été posées à la truelle, les modèles 3D sont tout droit sortis d’un tutoriel Blender de 2003, et les expressions faciales donnent l’impression que tout le monde vient de sentir un pet silencieux dans la pièce. Les décors, eux, alternent entre gris béton et gris un peu plus sombre — une palette artistique audacieuse, si on aime les photocopieurs.
Côté gameplay, on est dans la simplicité maximale : on avance dans des couloirs, on actionne des interrupteurs, et on peut lancer une balle de chien pour distraire le monstre. C’est mignon sur le papier, mais dans la pratique, c’est à peu près le seul “mécanisme” de jeu, et on finit par se demander si le chien n’aurait pas préféré rester dans son chenil expérimental.

La structure des niveaux est aussi excitante qu’une file d’attente à la poste : toujours tout droit, parfois une porte, parfois un bouton, et hop, on passe au couloir suivant. La “clinique vétérinaire de l’enfer” vendue par le pitch se résume en fait à une succession de pièces vides, où même le monstre semble se demander ce qu’il fait là.
En termes de durée de vie, Canine est plus proche du court-métrage que de l’épopée : une bonne heure pour un premier run, et si vous connaissez déjà le chemin, 30 minutes montre en main. Oui, c’est plus rapide qu’un bain de chien. Quant à la rejouabilité vendue dans la description, elle repose sur des fins multiples… mais quand on a déjà traversé l’ennui une fois, on n’a pas forcément envie de remettre ça.

La bande-son, elle, mérite une mention spéciale… pas dans le bon sens. Sons étouffés, musiques sorties tout droit d’un film d’horreur à petit budget des années 80, le tout mixé comme si le compositeur avait oublié d’enlever sa moufle avant de tourner les boutons.
Canine ne va pas vous faire frissonner des masses, ni vous flatter la rétine. Mais peut-être qu’il vous fera penser à Médor, le chien qui vous faisait peur quand vous sortiez de l’école le soir à 18h en plein hiver, et qu’il vous regardait avec son regard de vieux pépère qui voulait juste qu’on le laisse tranquille. Bon, je m’égare, c’est tout simplement un jeu mauvais.
