Test de Castle of Heart: Retold – Le chevalier pétrifié… de frustration

Dans Castle of Heart: Retold, vous incarnez Svaran, un brave guerrier maudit qui se transforme lentement en statue vivante : une métaphore parfaite pour le joueur après quelques niveaux. Votre mission ? Sauver la dernière prêtresse slave avant que le vil sorcier, serviteur du dieu maléfique Chernobog, ne mette le royaume à genoux. L’idée est bonne, le cadre mythologique aussi… mais la malédiction la plus redoutable du jeu, c’est sans doute son gameplay.

En image cela donne presque envie

Dès les premiers pas, on sent que notre héros n’a pas que la peau dure : il est aussi raide qu’un piquet. Chaque saut semble peser trois tonnes, chaque coup d’épée se balance avec la grâce d’un mannequin en béton armé. On avance, on tape, on saute, et on le fait avec une lenteur d’exécution qui ferait passer Dark Souls pour un jeu de rythme.

Un ennemi qui a faim

Les combats, censés être le cœur de l’action, manquent d’impact et de variété. Les ennemis arrivent, on bourrine un peu, on passe au suivant, sans jamais ressentir la moindre intensité. Même les armes secondaires (torches, javelots ou arbalètes) n’apportent pas grand-chose, d’autant que leur utilisation dépend de ces satanés icônes contextuels. Oui, vous ne pouvez tirer à l’arc que quand le jeu vous y autorise. Rien de tel pour tuer toute spontanéité.

On ressent le poids de l’épée

Et quand il ne s’agit pas de taper, il faut sauter. Ou plutôt essayer de sauter. Les séquences de plateforme donnent lieu à des chutes involontaires, des collisions imprécises et une physique d’un autre âge. Mention spéciale aux phases de course-poursuite, où le rythme supposé haletant se transforme en chaos contrôlé par un moteur diesel. On se prend les obstacles, on cale, on râle, et on finit par s’éteindre comme une torche humide.

En avant!

Visuellement, Castle of Heart: Retold fait illusion de loin, avec un rendu « old-school modernisé » plutôt honnête à première vue. Mais en s’approchant, on découvre des textures vieillottes et des animations qui semblent venir d’un jeu oublié de la PS2. L’effort de remasterisation est là, certes, mais on sent que la pierre n’a pas vraiment été polie jusqu’au bout.

C’est rigide comme un pont

Côté son, même combat. La bande-son ne décolle jamais, les bruitages manquent de punch et la musique tourne en boucle jusqu’à la saturation. Ce n’est pas insupportable, mais clairement pas mémorable non plus.

En somme, Castle of Heart: Retold n’a de “retold” que le nom. Le jeu promet une légende slave épique, mais livre surtout un périple raide, frustrant et techniquement daté. Je ne connais pas la version originale, mais en tout cas, je n’ai pas envie d’en savoir plus.