Test de Causal Loop – La boucle infinie

Plongé dans une expédition scientifique qui tourne mal plus vite qu’un speedrun raté, Causal Loop vous envoie sur Tor Ulsat, une planète oubliée où apparemment personne n’a pensé à laisser un mode d’emploi. Vous incarnez Bale, archéologue de l’espace un peu maladroit (forcément, il appuie sur le gros bouton alien qui fait buguer la réalité), accompagné de Jen, qui disparaît aussi vite qu’un PNJ dans un script cassé. Résultat : vous voilà coincé dans une boucle temporelle digne d’un épisode de Black Mirror, à démêler un mystère tordu pendant que la réalité fait des claquettes devant vos yeux.

Concernant les graphismes, le jeu propose une direction artistique qui mise plus sur l’ambiance que sur la claque technique. Les environnements extraterrestres sont variés et intrigants, avec ces ruines mystérieuses qui donnent envie de fouiller chaque recoin, même si parfois on a l’impression de chercher ses clés dans le noir. Ce n’est pas le genre de jeu qui va faire fondre votre carte graphique, mais ça fait le boulot pour installer ce sentiment d’étrangeté permanente, un peu comme si No Man’s Sky et un escape game avaient eu un enfant.

Du côté du gameplay, là on entre dans le cœur du délire : cette fameuse mécanique d’écho ramifié qui vous permet de jouer avec plusieurs versions de vous-même. Sur le papier, c’est brillant. Dans les faits, c’est aussi parfois une prise de tête digne d’un Rubik’s Cube en feu. Enregistrer ses actions, les synchroniser avec ses clones temporels et résoudre des puzzles demande une bonne dose de patience et de neurones frais. Parce que oui, le jeu ne prend pas vraiment la peine de vous tenir la main, et il arrive qu’on se sente un peu perdu, comme un stagiaire le premier jour sans badge d’accès.

Pour ce qui est de la bande-son, on est sur quelque chose de discret mais efficace. Les musiques accompagnent bien l’exploration sans jamais vraiment marquer, ce qui est un peu dommage vu le potentiel du concept. Le doublage anglais, en revanche, manque de punch et donne parfois l’impression que Bale lit son texte après trois cafés ratés. Heureusement, les sous-titres français sont là pour sauver les meubles et permettre de suivre une histoire qui se veut émotionnelle, même si elle a tendance à être un peu pompeuse dans sa narration.

Concernant la durée de vie, comptez entre 10 et 15 heures selon votre capacité à ne pas hurler sur votre écran. Les quinze chapitres offrent une progression correcte, avec pas mal de secrets à dénicher pour les joueurs curieux. Cependant, le rythme peut sembler longuet, notamment à cause de certains puzzles qui cassent la dynamique. On avance, on bloque, on soupire, et on recommence. Bref, une boucle, mais pas toujours celle qu’on espérait.

Au final, Causal Loop est une expérience aussi fascinante que frustrante, un peu comme essayer de comprendre Tenet sans aspirine. Le jeu regorge d’idées intéressantes et d’une ambiance réussie, mais se prend parfois un peu trop au sérieux et oublie de rendre ses mécaniques vraiment accessibles. Si vous aimez réfléchir, souffrir un peu et parler à vos clones, vous êtes au bon endroit. Sinon, préparez-vous à tourner en boucle… et pas forcément dans le bon sens.