Lorsque l’histoire démarre avec un jeune héros qui part venger son père après l’attaque d’un démon de la foudre, on s’attend à une épopée digne d’un grand classique du jeu de plateforme. Clarity: The Seven Demons of Vanguardia aligne d’ailleurs tous les ingrédients du genre : sept mondes à parcourir, des boss démoniaques à terrasser, des pouvoirs magiques à débloquer et une progression qui mise sur les faiblesses élémentaires des ennemis. Sur le papier, cela ressemble à une recette capable de réveiller le fan de Castlevania qui sommeille en nous. Une fois la manette en main, la réalité est un peu moins héroïque et un peu plus « budget serré en fin de mois ».

Au niveau des graphismes, c’est malheureusement là que le bât blesse le plus. Le jeu adopte un style HD dessiné à la main, mais le résultat manque cruellement de charme. Les décors, les personnages et les animations donnent souvent l’impression d’être sortis d’un vieux projet Flash oublié sur un disque dur depuis 2008. Tout est propre, net et lisible, mais également terriblement générique. Là où certains jeux indépendants transforment leurs limites techniques en identité visuelle forte, Clarity semble avoir oublié cette étape en chemin. Même un démon géant censé impressionner peut parfois ressembler à un boss de navigateur web échappé d’une autre époque.

Concernant le gameplay, les sensations restent heureusement plus solides que l’habillage visuel. Courir, sauter, attaquer à l’épée et utiliser la magie démoniaque fonctionne correctement dans l’ensemble. Le système de faiblesses élémentaires entre les boss apporte même un petit côté stratégique sympathique qui pousse à réfléchir à l’ordre dans lequel affronter certains adversaires. Malheureusement, plusieurs problèmes de collisions viennent régulièrement perturber l’aventure. Rien de plus frustrant qu’un saut raté ou un coup encaissé alors qu’on était persuadé d’être hors de danger.

Pour la bande-son, difficile d’être particulièrement enthousiaste. Les musiques remplissent leur rôle sans jamais marquer les esprits. Elles accompagnent l’action de manière fonctionnelle mais ne créent ni tension mémorable ni véritable émotion. Ce n’est pas catastrophique, loin de là, mais on est également très loin d’une bande-son que l’on aura envie d’écouter une fois la console éteinte.

Concernant la durée de vie, les sept mondes et les différents niveaux de difficulté offrent quelques heures de divertissement honnêtes aux amateurs de plateforme action. Le problème, c’est que le manque de personnalité visuelle finit par émousser la motivation plus rapidement que prévu. On avance davantage pour voir la prochaine mécanique ou le prochain boss que pour découvrir un univers fascinant. L’expérience reste agréable par moments, mais elle peine à générer cette envie irrépressible de lancer « juste un dernier niveau » avant d’aller dormir. Spoiler : il finit rarement à trois heures du matin comme avec les grands du genre.

Pour conclure, Clarity: The Seven Demons of Vanguardia est un jeu qui possède des bases correctes et quelques idées sympathiques, notamment dans sa progression et son système de faiblesses élémentaires. Malheureusement, une direction artistique très peu inspirée et des problèmes de collisions viennent saboter une partie de ses qualités. C’est un peu comme recevoir une épée magique légendaire emballée dans un carton de déménagement : l’objet a de la valeur, mais la présentation donne surtout envie de regarder ailleurs.
