Dans Collie Call, on incarne un petit chien de berger trop mignon avec une mission de la plus haute importance : remettre de l’ordre dans les rangs du troupeau. Évidemment, pas question de les engueuler façon fermier bourru, non, ici tout se joue à la patte de velours et à la matière grise. Le but ? Pousser des moutons un à un dans le bon pâturage à travers une trentaine de niveaux. Les obstacles varient selon les saisons — boue printanière, ovins rotatifs estivaux et téléporteurs hivernaux — le tout dans un habillage rétro pixel art à croquer. Bref, un puzzle game qui veut faire réfléchir sans stresser, avec des commandes simples, des annulations illimitées, et même un fond musical country pour te rappeler que t’es censé passer un bon moment.

Dès les premières minutes, un sentiment de déjà-poussé s’installe. Pour les habitués des productions Afil Games (SokoCrab, SokoRobot, Stellar Docks…), Collie Call sonne comme un air familier, juste joué par un banjo différent. Même grille, même logique de déplacement, mêmes règles de base… seul le costume change. On échange le crustacé ou le robot contre un border collie numérique et zou, on emballe le tout dans une nouvelle ambiance champêtre.
Graphiquement, c’est propre, minimaliste, et le chien a une animation de victoire assez choupie qui pourrait presque mériter un biscuit. Mais ne t’attends pas à une ménagerie animée : les déplacements sont raides, les animations de poussée dignes d’un PowerPoint sous Prozac, et les décors changent peu, même en changeant de ferme. L’ensemble reste lisible, mais pas franchement inspiré.

Côté gameplay, rien de neuf dans la niche. On pousse, on glisse, on bloque par erreur, on appuie sur « annuler », et on recommence. La boue t’envoie glisser sur toute une ligne, les moutons tournent façon girouette à la moindre occasion, et les téléporteurs t’emmènent parfois là où t’avais pas prévu. C’est fluide, jamais punitif, et chaque niveau se boucle en quelques essais. Mention spéciale à la fonction “undo” qui sauve la mise plus d’une fois — sans elle, on serait plus près du burn-out pastoral que du casse-tête détente.

La bande-son, avec son petit air country pépère, colle parfaitement à l’ambiance : elle apaise sans endormir, et n’essaie pas d’en faire trop. Une réussite discrète, mais efficace.
Mais voilà : une fois passé l’effet « ouh, un chien qui fait du Sokoban », la redondance s’installe. Les mécaniques s’enchaînent sans réelle montée en puissance ni surprise. Les trente niveaux défilent, les énigmes se ressemblent, et on finit par avancer plus par automatisme que par envie.
En conclusion, malgré ses intentions louables, Collie Call souffre d’un manque de variété dans ses défis. La répétitivité s’installe assez rapidement, et l’absence de nouveauté peut décourager les plus persévérants. En fin de compte, c’est une expérience correcte mais qui peine à se démarquer parmi d’autres jeux du même genre. Une promenade agréable, mais qu’on oubliera vite une fois le troupeau rentré à l’étable.
