Le grand livre de sorts a disparu, et il faut aider un magicien pas très bavard mais très sauteur à le retrouver, en traversant 32 niveaux répartis dans quatre biomes (montagne, forêt, ville et givre-pas-givré). L’originalité ? Une boule de cristal magique qui permet de passer du jour à la nuit, histoire de faire apparaître/disparaître des blocs et calmer les ennemis qui piquent. Une idée séduisante sur le papier… mais dans la réalité, c’est un peu comme si on appuyait sur un interrupteur qui change juste la teinte de l’arrière-plan, sans que la lumière s’allume dans notre cerveau.

Manette en main, on ne peut pas dire que le gameplay soit mauvais. Le personnage répond bien, double-saute avec entrain, et dispose même d’une barre de vie assez généreuse pour se prendre des pics en pleine tronche sans trop broncher. Sauf qu’une fois cette mécanique de saut assimilée (ce qui prend environ… 10 secondes), le jeu a vidé toutes ses cartouches. Le switch jour/nuit ? Une promesse de puzzle platformer qui vire au gadget cosmétique. On comprend l’idée, mais entre le manque de lisibilité et la quasi-absence d’impact visuel, on a plus l’impression d’utiliser un filtre Instagram qu’un sort de mage ancestral.

Côté level design, c’est l’autoroute de l’ennui. Les niveaux se ressemblent, se répètent, et se recyclent sans vergogne. Même les décors – censés représenter des biomes différents – n’arrivent pas à nous sortir de la torpeur classique du jeu de plateforme : hiver, désert, forêt. On passe d’un décor plat à un autre fond plat, et ce n’est pas parce que la forêt est passée de vert mousse à blanc flocon qu’on va se sentir dépaysé.

Les graphismes, d’ailleurs, flirtent avec le service minimum. Peu de détails, peu de charme, beaucoup de vide. Les ennemis ? Des formes vaguement hostiles. Les décors ? Un stage de PowerPoint 2005 aurait plus d’inspiration. Quant à la bande-son… elle tourne en boucle avec trois notes qui martèlent nos tympans jusqu’à provoquer une sorte de transe soporifique. Et les bruitages… ah, ces bruitages. On dirait qu’un grésillement de micro a été promu bruit officiel des cristaux magiques.

L’unique point positif – si on veut être magnanime – c’est que tout fonctionne. Pas de bug bloquant, pas de latence, pas de catastrophe technique. Mais bon, c’est un peu comme dire d’un sandwich mou qu’il n’a pas donné la gastro : c’est pas une raison pour en recommander un.
Crystal Ball of Firmament est un jeu de plateforme trop classique et surtout trop chiant. Vite joué, vite oublié, vite désinstallé. Et encore, on a mis trop de temps à trouver le bouton « Quitter ».
