Préparez-vous à poser votre cerveau… mais dans le bon sens. Dino Hex Trap vous propose de jouer les bricoleurs du dimanche version Jurassic Park, à coup de pièges sur un plateau hexagonal où chaque rotation peut faire la différence entre une victoire brillante et une invasion de dinos en mode Tony Hawk. Sur le papier, c’est un tower defense malin, où l’on ajuste, pivote et optimise son dispositif pour transformer un paisible sentier en couloir de la mort digne d’un épisode de Saw, mais avec des tricératops.

Au niveau des graphismes, on est clairement sur un rendu qui ne mettra pas votre Xbox en surchauffe, sauf si elle décide de s’ennuyer elle aussi. Le style est simpliste, presque minimaliste, avec des dinos qui ressemblent davantage à des jouets en plastique oubliés dans une boîte Happy Meal qu’à des créatures impressionnantes. Ça fait le job pour comprendre ce qui se passe, mais ça manque cruellement de charme. Même un vieux jeu mobile de 2015 aurait probablement un peu plus de panache visuel.

Concernant le gameplay, l’idée de base avait pourtant de quoi séduire : manipuler des pièges sur une grille hexagonale, réfléchir à leur orientation, optimiser l’espace… et finalement passer beaucoup de temps à déplacer un curseur comme si vous écriviez un SMS en 2003. À la manette, c’est rigide, peu intuitif et franchement contre nature. On sent que le jeu aurait préféré une souris pour s’exprimer, mais sur console, on se retrouve à lutter autant contre l’interface que contre les dinos. L’aspect stratégique est bien là, mais il est parasité par ce confort de jeu bancal.

Pour la bande-son, préparez vos nerfs : une musique tourne en boucle, encore et encore, comme si elle avait été coincée dans un vortex temporel. Au début, on se dit que c’est sympa, puis au bout de dix minutes, on commence à envisager de couper le son. Au bout de vingt, on se surprend à fredonner malgré soi, preuve que le lavage de cerveau fonctionne plutôt bien. Ce n’est pas catastrophique, mais clairement répétitif au point d’en devenir une blague involontaire.
Concernant la durée de vie, les 30 niveaux s’enchaînent avec une régularité métronomique… et une répétitivité qui l’est tout autant. Les variations ne suffisent pas vraiment à renouveler l’expérience, et on a rapidement l’impression de refaire la même chose avec un décor légèrement différent. C’est le genre de jeu où l’on comprend tout très vite, et où la courbe de progression plafonne avant même d’avoir vraiment décollé.

Pour conclure, Dino Hex Trap ressemble à une bonne idée coincée dans un piège mal orienté. Entre un gameplay peu adapté à la manette, une réalisation franchement datée et une répétitivité assumée, le plaisir est là… mais bien enterré sous quelques couches de frustration. Même les dinos en skate finissent par sembler plus à l’aise que le joueur lui-même, et ça, ce n’est jamais bon signe.
