Dollmare est un jeu d’horreur où l’on troque les couloirs sombres et les monstres baveux pour… un travail à la chaîne dans une usine de poupées. Oui, ça fait tout de suite moins rêver, mais ne t’y trompe pas: ici, c’est la peur qui s’occupe de la livraison express. Le principe est simple: inspecter des poupées, repérer les anomalies plus ou moins charmantes, et tenter de survivre à une ambiance qui ferait frissonner même un employé de Playmobil. C’est un titre qui ne mise pas sur les hurlements et les jumpscares agressifs, il préfère te faire sentir observé. Un peu comme si chaque jouet attendait que tu détournes le regard pour te faire un clin d’œil. Ou pire.

Dollmare reprend les codes du jeu d’anomalies mais avec une vraie idée en plus: te filer un boulot. Et pas un petit boulot tranquille, non, un job où tu dois scruter des poupées une par une pour décider lesquelles méritent de poursuivre leur existence de plastique. Certaines sont normales, d’autres un peu moins, et quelques-unes ont clairement raté les castings de films d’exorcisme. Résultat: tu passes ton temps à vérifier qu’il ne manque pas un bras, qu’une jambe n’est pas soudain devenue articulée toute seule, ou qu’une poupée ne commence pas à t’insulter en rotant du latin ancien.

Le système est simple mais malin. Si une poupée est abîmée, tu pars la réparer dans la salle d’à côté. Si elle bouge toute seule ou commence à tenir des propos qu’on n’entend d’habitude que sur certains forums, hop, poubelle. Si elle est parfaite, elle passe le contrôle qualité. Et quand les commandes spéciales débarquent, il faut carrément mettre certaines poupées dans des cartons pour les expédier. Au fil des jours, tout se complexifie: ce qui n’était qu’un tri basique devient une routine stressante où chaque détail compte. Une tête penchée? Un doigt en trop? Une articulation suspecte? Ton cerveau passe en mode FBI.

L’ambiance est la vraie star du jeu. Pas de jumpscares gratuits, pas de créatures qui sprintent en hurlant, juste une sensation constante que quelque chose cloche. L’usine semble vivante, les poupées aussi, et l’ensemble installe une atmosphère glauque, froide et parfois franchement malsaine. Le simple fait d’entendre une poupée murmurer dans un coin suffit à te faire remettre en question ton envie de travailler dans l’industrie du jouet.
Côté gameplay, on est sur du walking simulator en vue FPS, efficace, propre et sans fioritures. Tu te déplaces, tu observes, tu manipules, tu tries. Pas besoin d’un manuel entier, tu comprends vite ce que le jeu attend de toi, et la montée en difficulté est assez bien dosée pour éviter l’ennui comme la frustration.

La bande son fait parfaitement son boulot. Une voix off autoritaire qui incarne ton chef d’usine, des poupées qui lâchent parfois une phrase aussi rassurante qu’un SMS de ton ex, et surtout des bruitages ambiants qui mettent les nerfs en tension. La musique, très discrète, n’intervient que dans quelques moments précis pour renforcer les séquences clés.

Au final, Dollmare est un jeu d’anomalies original et particulièrement bien fichu. C’est clairement la mode en ce moment, mais après les bonnes surprises Captured et The Cabin Factory, on peut dire qu’on a un autre titre à cocher dans les jeux à faire si on aime ce genre d’expérience horrifique.