On nous l’annonce comme une révolution du TPS : deux flingues, des cascades dignes de John Woo, du bullet time à la Max Payne… bref, un cocktail survitaminé de fun et de chaos. Sur le papier, ça donne envie de sortir les lunettes noires et la longue veste en cuir. Mais manette en main, Double Dangerous ressemble davantage à une parodie ratée de ce qu’il prétend être. Et la seule chose de “survolté” ici, c’est la frustration du joueur.

Dès les premières minutes, on comprend que le jeu a du mal à suivre son propre pitch. Le personnage se traîne plus qu’il ne court, et quand vient le moment de sauter… préparez-vous à patienter une bonne seconde avant qu’il daigne décoller. C’est un peu comme jouer avec un avatar qui lit son script avant d’exécuter l’action. Pas idéal dans un shooter censé être nerveux.
Le système de tir, soi-disant innovant, permet de viser devant, derrière, au-dessus, bref dans toutes les directions. Sauf que dans la pratique, on a surtout l’impression d’avoir des bras en caoutchouc, incapables de viser juste. L’imprécision est telle que même un ballon dirigeable en plein ciel aurait de bonnes chances de s’en sortir indemne.

Ajoutez à ça des ennemis qui tiennent plus du punching-ball que du soldat : de véritables sacs à PV qui absorbent vos balles comme une éponge sèche dans un océan de plomb. Résultat, chaque vague devient une corvée interminable, surtout quand on se retrouve à sec de bouclier et que la barre de vie fond comme neige au soleil.
La direction artistique, elle, aurait pu sauver les meubles. Malheureusement, on se retrouve avec un “cartoon du pauvre”, sans charme ni personnalité. Tout est générique, plat, et d’une fadeur à peine digne d’un prototype étudiant. Et comme si ça ne suffisait pas, le jeu nous colle dans les oreilles une boucle musicale de quatre notes agressives, répétée ad nauseam, qui donne envie de couper le son et de jouer en silence.

Bref, Double Dangerous est un TPS qui donne surtout envie d’aller faire une sieste. Pas grand-chose à sauver pour être honnête : c’est du low cost, vendu pas cher, mais qui n’apporte aucun plaisir manette en main. À éviter, même par curiosité.
