On connaît tous ce pote qui revient d’un voyage spirituel en Inde et qui essaie de vous expliquer le « sens de la vie » pendant trois heures. Drizzlepath : Picturae, c’est un peu ça, mais sur Xbox. On est dans la simulation de marche (le fameux walking simulator) pure et dure. Le concept ? On vous jette dans des tableaux, vous marchez, vous regardez des trucs bizarres, et vous essayez de comprendre pourquoi il y a une statue grecque à côté d’un robot futuriste. C’est beau, c’est étrange, et c’est surtout le jeu parfait pour ceux qui trouvent que Forza va beaucoup trop vite.

Dès les premiers pas, on est frappé par la direction artistique. C’est le gros point fort du jeu : chaque tableau est une claque visuelle, un mélange de paysages grandioses et d’éléments surréalistes qui n’ont rien à faire là. On avance sans trop savoir pourquoi, guidé par une musique absolument magnifique qui vous transporte littéralement ailleurs. C’est une expérience sensorielle avant d’être un jeu vidéo. On ne joue pas à Drizzlepath, on le contemple, comme on fixerait un écran de veille un peu trop sophistiqué après une longue journée de boulot.

Le problème, c’est qu’une fois qu’on a fini de dire « Oh, c’est joli », on réalise qu’il n’y a absolument rien à faire. Pas d’énigmes, pas de bâtiments à explorer, juste… marcher. Le seul semblant de gameplay réside dans une sorte de cache-cache avec des renards noirs aux yeux de lanternes. On clique dessus, et hop, on passe au tableau suivant. C’est d’une simplicité qui frise le néant ludique. Si vous cherchez de l’action ou un défi, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer plus vite qu’un gardien de musée un lundi matin.

Le voyage est court, environ une heure, et n’offre strictement aucune rejouabilité. Une fois que vous avez vu les images et entendu les messages cryptiques (qui sont passés à 10 000 mètres au-dessus de ma tête, soit dit en passant), il n’y a aucune raison de revenir. C’est une œuvre éphémère. On apprécie la balade, on se laisse bercer par l’ambiance, mais on ressort de là avec l’impression d’avoir vu un beau film expérimental plutôt que d’avoir fini un jeu.
Au final, Drizzlepath: Picturae mérite une note honnête pour son ambiance et sa beauté, mais il reste réservé à une niche très précise de joueurs contemplatifs. C’est l’équivalent vidéoludique d’une infusion à la camomille : ça calme, c’est joli dans la tasse, mais ça manque sérieusement de piquant. À acheter en promo si vous avez besoin de déconnecter totalement vos neurones.