Test de EA SPORTS FC 27 – Vive le XoN FC !

C’est la sortie annuelle de EA SPORTS FC, avec une édition 27 qui cherche moins à révolutionner le football virtuel qu’à lui offrir un nouveau terrain de jeu. Cette année, EA ouvre les portes de The Grounds, un immense hub social où l’on passe autant de temps à croiser d’autres joueurs qu’à taper dans le ballon. Entre matchs de rue, défis improvisés et progression de son avatar, le jeu donne parfois l’impression de vivre dans une version footballisée d’un réseau social. Et soyons honnêtes : voir Kylian Mbappé jouer les mentors virtuels est tout de même plus motivant que Maurice le coach de l’équipe Sénior de ma ville. Derrière cette nouveauté se cache pourtant la même promesse qu’à chaque rentrée : nous faire croire que nous allons enfin réaliser la saison parfaite avant de concéder un but absurde à la 90e minute.

Au niveau des graphismes, EA SPORTS FC 27 reste une valeur sûre sans provoquer l’électrochoc visuel que certains attendaient. Les stades sont toujours aussi crédibles, les pelouses impeccables et les animations de joueurs renforcent l’impression de regarder un vrai match à la télévision. Le problème, c’est qu’en revenant d’une partie de FC 26, la différence ne saute pas aux yeux. The Grounds souffre particulièrement de cette impression de moteur vieillissant : l’environnement manque parfois de détails et donne davantage le sentiment d’une évolution prudente que d’une véritable nouvelle génération. Ce n’est jamais moche, loin de là, mais le moteur graphique commence à demander un upgrade.

Concernant le gameplay, les changements se ressentent dès les premières minutes et c’est probablement la meilleure surprise de cet opus. La défense moins assistée oblige enfin à prendre ses responsabilités. Finie l’époque où l’IA réalisait une partie du travail pendant qu’on scrollait sur notre téléphone. Désormais, sortir un défenseur au mauvais moment crée immédiatement un boulevard pour l’adversaire. Cette évolution rend les récupérations de balle beaucoup plus gratifiantes. Chaque tacle réussi procure une petite satisfaction coupable d’ailleurs.

Pour le jeu offensif, l’intelligence artificielle progresse également dans la bonne direction. Les déplacements des coéquipiers paraissent plus naturels et moins scriptés. Les appels se construisent mieux, les espaces sont mieux exploités et les situations donnent davantage l’impression d’être créées que générées automatiquement. Les centres méritent aussi une mention particulière : ils visent désormais une zone plutôt qu’un joueur précis. Le résultat est plus réaliste, parfois plus frustrant aussi. Il n’est pas rare de voir un ballon traverser toute la surface alors que l’attaquant attendait le ballon à l’entrée de la surface. Les têtes retrouvent cependant leur utilité et les duels aériens sont bien plus intéressants qu’auparavant.

Concernant les modes de jeu, EA a clairement mis le paquet sur le contenu. The Grounds constitue la grande attraction de cette édition. Inspiré de ce que propose NBA 2K, le concept fonctionne grâce à une taille raisonnable et à une intégration intelligente des différentes activités. Les premières heures donnent réellement envie d’explorer les quartiers, de découvrir les terrains et de croiser d’autres joueurs. Les systèmes d’archétypes, d’amplificateurs et de progression apportent une dimension RPG bienvenue au mode Clubs. Malheureusement, cette formule s’accompagne d’une monétisation parfois trop visible. Entre les boutiques, les consommables et certains boosts accessibles via les Points FC, l’ensemble donne parfois le sentiment qu’EA place une caisse enregistreuse à chaque coin de rue. Même dans un univers virtuel, difficile d’échapper aux tentations marketing.

Du côté de la Carrière Manager et de FUT, l’éditeur améliore des fondations déjà solides. Le marché des transferts gagne en dynamisme grâce aux enchères concurrentes et aux négociations plus crédibles. Voir un transfert vous échapper au dernier moment parce qu’un autre club est intervenu ajoute une dose de réalisme très appréciable, même si cela rappelle parfois certaines ventes eBay qui se terminent dans la souffrance. La note générale dynamique constitue également une excellente idée puisqu’elle reflète mieux la forme réelle des joueurs. FUT, de son côté, introduit l’Album FUT qui encourage la collection permanente des cartes. Le système est intéressant, mais la présence constante des packs, des Points FC et du contenu premium reste encore une fois difficile à ignorer. Le mode demeure extrêmement riche, mais aussi extrêmement doué pour rappeler qu’un portefeuille existe quelque part à proximité.

Pour la bande-son et l’ambiance générale, EA continue de maîtriser sa recette. Les commentaires français assurés par Benjamin Da Silva et Omar da Fonseca restent agréables à écouter durant de longues sessions. L’ambiance sonore des stades contribue toujours autant à l’immersion et renforce le sentiment de participer à de grandes affiches européennes. Côté technique, les matchs se montrent fluides sur Xbox Series X. On remarque toutefois plusieurs bugs de lancement, une tradition annuelle presque aussi installée que les débats interminables entre supporters. Les nouveaux corners illustrent également cette période d’adaptation : l’idée est intéressante, mais la prise en main manque parfois de naturel et génère quelques situations assez étranges avant d’être maîtrisée.

Au final, EA SPORTS FC 27 réussit ce qu’on attend de lui : améliorer une formule déjà solide tout en apportant suffisamment de nouveautés pour justifier son existence. The Grounds apporte une vraie fraîcheur, le gameplay progresse dans plusieurs domaines importants et la Carrière gagne en intérêt. Bien sûr, la monétisation continue de gratter là où ça fait mal, les bugs de lancement répondent présents comme chaque année et le moteur graphique mériterait enfin un sérieux lifting. Mais une fois la manette en main, difficile de nier l’évidence : ce FC 27 est terriblement efficace. Et si après plusieurs dizaines d’heures passées dessus avec Théo on continue de relancer « juste un dernier match », c’est probablement la preuve la plus honnête que le jeu a encore marqué son but.