Test de Farlands – Couper du bois

À la recherche d’un nouveau départ intergalactique, notre personnage tombe sur une annonce qui ferait passer les offres immobilières douteuses pour des opportunités en or : une planète entière vendue à prix cassé. Farlands nous propulse alors aux commandes d’un vieux vaisseau brinquebalant et d’un adorable robot assistant pour remettre sur pied un caillou agricole abandonné au milieu de nulle part. Une prémisse qui ressemble à Stardew Valley après avoir regardé trop d’épisodes de Star Trek, et franchement, c’est déjà une excellente raison d’y embarquer.

Farlands assume pleinement son statut de simulation relaxante. Dès les premières minutes, on crée son personnage avant de se retrouver propriétaire d’une petite planète qu’il faut nettoyer, cultiver et développer. Le gameplay repose sur une boucle très classique : récolter des ressources, planter des graines, arroser ses cultures, fabriquer quelques recettes et vendre le tout pour agrandir son exploitation. C’est simple, accessible et terriblement addictif. J’ai passé un temps ridicule à ramasser des cailloux en me convainquant que j’étais un entrepreneur galactique visionnaire, alors que je faisais essentiellement le même boulot qu’un aspirateur autonome avec des ambitions.

Au niveau des graphismes, Farlands mise sur un style pixel art 16-bits particulièrement charmant. Le rendu évoque immédiatement les grandes références du genre sans chercher à réinventer la roue spatiale. Les environnements sont colorés, lisibles et pleins de personnalité. Voir sa petite planète se transformer progressivement donne une vraie satisfaction. On est loin d’une démonstration technique capable de faire fondre une carte graphique, mais l’ensemble possède ce charme rétro qui fonctionne toujours aussi bien. C’est un peu comme ressortir une vieille console de son carton et se rappeler pourquoi on l’aimait autant.

Concernant l’exploration, l’une des bonnes surprises vient des différentes planètes du système solaire. Il est possible de voyager, rencontrer des habitants, découvrir leurs histoires, participer à des événements ou acheter des objets spécifiques. Cette dimension renforce l’impression de vivre dans un petit univers cohérent. Le cycle jour-nuit apporte également une légère couche de gestion puisque les journées passent très vite. Avec une dizaine de minutes par cycle sur votre planète, chaque sortie ressemble parfois à une mission chronométrée. Plus d’une fois, je suis rentré en catastrophe pour éviter l’épuisement total, comme si ma survie dépendait réellement d’un champ de légumes extraterrestres.

Pour la bande-son, le travail est tout aussi réussi. Les musiques accompagnent parfaitement l’ambiance paisible du jeu et rendent les longues sessions étonnamment agréables. L’ensemble est entièrement traduit en français, ce qui facilite grandement l’immersion. Quant à la durée de vie, elle dépendra énormément de votre patience. La progression est volontairement lente et les récompenses mettent du temps à arriver. Certains joueurs décrocheront avant de voir leur ferme prospérer, tandis que les amateurs du genre y trouveront exactement ce qu’ils recherchent : une aventure posée, relaxante et gratifiante sur le long terme. Un peu comme regarder pousser une plante… sauf que celle-ci se trouve à plusieurs années-lumière de la Terre.

Pour conclure, Farlands ne cherche jamais à vous impressionner avec des explosions spectaculaires ou des combats épiques. À la place, il vous demande de respirer un grand coup, de planter quelques légumes et d’accepter que le succès arrive au rythme d’un tracteur cosmique. Si cette philosophie vous parle, vous risquez de passer de nombreuses heures à bichonner votre planète. Et honnêtement, transformer un désert spatial en ferme prospère reste bien plus satisfaisant que de payer un crédit immobilier sur Terre.