Test de Fatal Fury : City Of The Wolves – The Bling Ring 

Il y a 4 séries majeures chez SNK, le grand concurrent de Capcom : Art of Fighting, qui devrait revenir d’ici quelques temps, avec un combat posé avec un rythme lent et des sprites souvent énormes.Samurai Shodown, les adeptes d’armes blanches et d’ambiance japonaise, The King of Fighters avec comme particularité d’avoir inventé le 3 vs 3 et Fatal Fury qui est le pendant de Street Fighter avec des combats nerveux avec un système de plan. Une orfèvrerie pour tout amateur de castagne. Après moults épisodes, en 1999, sort Fatal Fury Mark Of The Wolves qui signera le chant du cygne de Fatal Fury et de SNK. Ce jeu référence, tant par sa maîtrise du Pixel Art que par sa profondeur de jeu : le fameux Easy to Use, Hard to Mastered sera une référence pendant 26 ans bien au-delà de la fin tragique de SNK, SNK Playmore… 

Maï, au meilleur de ses formes

Si un Mark of the Wolves 2 avait fuité à l’époque avec des croquis préparatoires et des photos, il aura fallu le fonds d’investissement du prince d’Arabie Saoudite et son rachat de SNK pour remettre ce chantier sur les rails. Table rase du précédent projet, le prince veut un truc qui claque, à la hauteur d’un Street Fighter 6. Un truc qui montre que SNK n’est pas mort et qu’à coup de millions, on peut créer de l’engouement et un grand jeu. 

Notez un bas à gauche, la jauge de REV

Mark of the Wolves mettait en avant les héros de Fatal Fury avec des années en plus. Terry, le héros, a recueilli le fils Rock de son ennemi juré Geese Howard. On était dans l’univers, mais sous un œil nouveau. Capcom avec Street Fighter recyclait toujours les mêmes héros et là un vent de fraîcheur soufflait sur l’arcade. Bien sûr, le casting était restreint. Mais chaque protagoniste était intéressant que cela soit pour son background ou son gameplay. Dans City of the Wolves, on se retrouve avec une 3D cel-shadée du plus bel effet avec des clins d’œil à l’univers SNK. On retire tous les effets de Stabilo de SF 6 pour revenir à l’essentiel. 

On a longtemps prié pour ce jeu

L’intro, quoi de mieux que faire revenir Masami Obari, réalisateur et character design des OAVs et film de Fatal Fury… je suis aux anges malgré une musique Osef sur 20. On appuie sur Start et là, première déconvenue. Un menu cheapos à base de tuiles. On se croirait sur Windows 11 ou un Windows Phone Nokia Lumia. Microsoft, si vous avez encore des idées foireuses, n’hésitez pas à les envoyer en Arabie Saoudite, apparemment, ils sont preneurs. 

Raiden dans le fond pour commenter le match

Une fois la stupeur passée, on remarque des modes de jeu très classiques. Arcade, Vs Local, en ligne, Entrainement, Missions et Episode of South Town, j’y reviendrai dans quelques minutes.  

Commençons par l’entraînement. La puissance n’est rien sans la maîtrise. Parlons Pneu, parlons bien. Encore une fois un menu qui sent bon la naphtaline. Bien sûr, cela vous apprendra la base de la base, quelques combos, mais rien de très poussé. Ce n’est pas avec cela que vous pourrez affronter des adversaires mondiaux de la trempe de Kayane. Le strict minimum ! À noter que pour attirer la jeune génération, les développeurs ont ajouté un mode assisté dit Smart Style. Tout cela pour éviter aux sensibles du pouce et du poignet, pas comme notre Théo national qui a un entrainement du poignet à toute épreuve, d’aborder le jeu plus facilement ! 

Episode of South Town, le World Tour du pauvre

Le mode Arcade vous permettra de mettre en pratique ce que vous avez appris. De découvrir l’histoire des 15 personnages jouables au lancement. Évidemment, n’est pas Capcom qui veut et les phases histoires sont réalisées par des plans fixes style comics qui n’est pas sans rappeler l’esthétique d’un Marvel vs Capcom 3 de 2011 !!!! 

Le mode en ligne montrera si vous maitrisez la garde parfaite, les coups spéciaux, les fury face à des adversaires de tous horizons. Les nouveautés de ce jeu sont les attaques REV, qui vous permettent de faire grimper une jauge. Une fois celle-ci atteinte, vous êtes dans l’incapacité de réaliser vos coups spéciaux et votre jauge de garde va descendre très très rapidement si vous êtes attaqué. City of the Wolves se veut une gestion de l’adversaire, de réactivité, mais aussi de jauge avec la barre de SPG, héritée du précédent opus : une jauge de spécial placée à votre guise sur votre barre de vie vous octroie la possibilité de faire des combos dévastateurs et une ulti du plus bel effet. Malgré un Match Making complètement pété du bulbe (niveau débutant, il n’est pas rare de tomber sur des adversaires au rang élevé ou classé), cela risque d’ être le mode de jeu où vous passerez le plus de temps. 

Le clin d’oeil à Fatal Fury 2

Street Fighter 6 a son mode World Tour, bien réalisé où il faut customiser son personnage pour en faire un combattant hors pair dans un style RPG qui donnait envie. Episode of South Town, c’est pareil version Ryan Air qui va en Italie pour voir la tour de Pise… C’est cheapos à souhait, vous choisissez un personnage du roster et vous le faites évoluer dans une carte où des combats aux conditions particulières sont de mise. Basique, ça apporte un peu au lore mais clairement, c’est surtout là pour rallonger la durée de vie et bomber le torse face à SF 6. 

Rock Howard frappe son mentor

En clair, Fatal Fury n’est pas un mauvais jeu ! Il fait le café comme disent les vieux comme Riggs qui veulent garder un pied chez les jeunes. Un aspect graphique sympa sans décrocher la mâchoire, un comble pour un jeu de combat. Un roster qui va à l’essentiel,qui oublie le contexte de quelques années après Fatal Fury… Terry est plus vieux, mais Mai Shiranui est toujours aussi pimpante. Des animations très inégales notamment avec les personnages rajoutés pour draguer la populace tel que Cristiano Ronaldo et le DJ qui s’est occupé du mariage princier Saoudien Salvatore Ganacci. Pas certains que dans 26 ans, on se souvienne de ce jeu comme une masterpiece. Comme quoi l’argent des pétrodollars ne fait pas tout. En espérant que lesdits dollars investis dans une communication massive sur les réseaux sociaux, YouTube et apparition dans des événements sportifs permettra au jeu d’avoir une fin heureuse. 

Le Disciple de Ryo Sakazaki

Le fan de SNK que je suis depuis le choc Fatal Fury 2, Metal Slug et KOF 94 ne souhaite que retrouver sa marque de cœur au firmament des étoiles du jeu vidéo, un fan lucide qui n’oublie pas que le Soft Power Saoudien est derrière, avec la part d’ombre qui lui est propre. Un jeu doux-amer où le SNK que je chérissais est parti, mais revoir et repenser aux moments de son passé font encore échos en moi, de ce temps où le Lone Wolf et son Power Geyser faisait vibrer mon cœur de gamer. 

For Ever !