Prenez une boule de feu, balancez-la dans l’espace, ajoutez un essaim d’ennemis qui ressemble à un nuage en colère, saupoudrez de bombes planquées à déclencher au bon moment, et recouvrez le tout de millions de particules colorées. Secouez bien fort, mettez un casque audio avec de l’électro, et vous obtenez Fireball 2, une expérience arcade aussi visuellement agressive qu’addictive. À mi-chemin entre Geometry Wars, Tetris Effect sous acide, et un écran de veille des années 2000 qui aurait trop regardé Tron, le jeu s’adresse aux amateurs de scoring et de synesthésie visuelle.

Dès les premières secondes, Fireball 2 donne le ton : ça clignote, ça pulse, ça bouge dans tous les sens. Graphiquement, on nage dans un psychédélisme propre et assumé, où chaque déplacement est accompagné de traînées de particules, d’explosions fluo et d’arrière-plans vivants. C’est stylé, c’est net, mais c’est aussi un coup de poing pour vos rétines. Clairement, les épileptiques feraient mieux de passer leur tour ou de jouer les yeux fermés (ce qui, dans un jeu d’esquive, n’est pas conseillé, sauf si vous aimez les échecs rapides).

Côté gameplay, c’est aussi simple que nerveux : on dirige notre boule de feu avec le stick gauche, et on booste avec n’importe quel bouton. Le boost est illimité, ce qui en théorie est grisant, mais en pratique demande un vrai dosage, car filer à toute allure attire l’attention des ennemis qui, eux aussi, passent en mode supersonique. L’idée est donc d’attirer la meute vers une zone piégée, puis de déclencher une explosion (Nova), qui déclenche à son tour des effets en chaîne jouissifs. C’est un peu comme tendre un piège à des moustiques cosmiques, mais en mode rave party.

Le système de progression est malin : chaque Nova rend votre boule plus grosse, plus rapide, plus résistante — comme si Pac-Man prenait des protéines. Et à force de progresser, on débloque la SuperNova, puis, si on est patient (et vicieux), des trous noirs temporaires qui transforment votre avatar en entité invincible. C’est grisant, surtout quand on enchaîne les combos et qu’on voit le score s’envoler comme un SpaceX boosté à la caféine.
Le multijoueur local permet à un deuxième joueur de rejoindre la mêlée à tout moment, une excellente idée pour transformer une session solo en duel coopératif sous LSD. Si cela rend les premières vagues plus digestes, la difficulté n’est pas vraiment réajustée — il faudra donc faire preuve de coordination, surtout que la résurrection d’un joueur dépend de l’apparition d’une Nova. Autant dire que si l’un tombe au combat, le second devra jouer les kamikazes pour espérer le faire revenir.

Deux modes de jeu sont proposés : Normal, pour une montée en puissance progressive, et Chaos, pour les amateurs d’imprévus qui aiment souffrir en rythme. Le mode Chaos est plus subtil qu’il n’y paraît, les ennemis étant plus tactiques, plus lents, mais aussi plus vicieux. On ne fonce plus tête baissée, on doit réfléchir, feinter, s’adapter. Et pour les plus téméraires, le mode Hardcore (débloqué à la vague 11) rajoute une couche de stress bienvenue : ici, tout va plus vite, frappe plus fort, et le moindre faux pas vous renvoie à l’écran titre sans vous laisser le temps de pleurer.
En conclusion, Fireball 2 est un de ces titres qui, visuellement, ne laisse pas indifférent — on aime ou on fuit, mais on ne reste pas neutre. Et manette en main, c’est accrocheur. Si vous aimez le scoring, les explosions de particules et les expériences visuelles et sonores intenses, vous devriez sérieusement envisager de vous brûler les ailes avec cette petite boule de feu.
