Avant que les mascottes flippantes de Garten of Banban ne vous courent après dans des couloirs verts fluo et des salles vides comme un CDI un jour de grève, il y avait… Garten of Banban 0. Ce préquel entend nous révéler les origines du Jardin d’enfants le plus glauque depuis Alice Madness Returns. Dans la peau d’un quidam sans nom ni but précis, vous vous échappez de votre cellule pour explorer l’établissement, rencontrer ses joyeux résidents (lire : des monstres ventriloques sans lèvres qui bougent) et recoller les morceaux d’un scénario qui tient plus du puzzle sans boîte que du thriller palpitant.

Première problème : le gameplay. Le jeu tente le mélange walking simulator et énigmes, mais trébuche dès les premières minutes. Les interactions sont si limitées qu’on en vient à cliquer compulsivement sur tout, en espérant qu’une porte veuille bien s’ouvrir ou qu’un objet quelconque accepte d’exister. L’absence d’animations et de feedback visuel donne l’impression de jouer à un PowerPoint interactif, sans le fun des transitions en étoile.

Visuellement, c’est comme si un parc pour enfants avait été vidé de ses rires, repeint avec les pots restants d’un magasin de bricolage, puis abandonné par l’architecte en pleine construction. C’est coloré, certes, mais désespérément vide. Le level design, quant à lui, donne envie d’imprimer une carte et d’y coller un GPS, tant on erre souvent sans but, les objectifs aussi clairs qu’un brouillard londonien.

Côté son, préparez vos oreilles à l’ennui. La musique, en boucle, semble avoir été composée par un stagiaire sous Lexomil. Les bruitages, rares et mous, n’aident pas à instaurer une quelconque tension. Et les doublages ? Ah, les doublages… Monotones, sans jeu, sans âme. À croire que tous les personnages sont animés par des IA en mode éco. Bon, techniquement, aucun n’a de bouche, donc c’est cohérent : on est chez les ventriloques de l’apocalypse.
Le jeu dure environ deux heures, ce qui paraît à la fois court et trop long. Trop long, car l’intérêt ludique s’évapore très vite. Trop court, parce que ceux qui s’accrochent pour comprendre le fin mot de l’histoire devront patienter jusqu’au dernier quart d’heure pour enfin entrevoir un soupçon de tension et une révélation censée tout expliquer. En vrai ? Ce n’est ni choquant, ni profond, ni marquant. Juste un petit clin d’œil aux fans qui ont survécu à tous les épisodes sans sombrer dans la folie.

Garten of Banban 0, c’est du fanservice en concentré : une friandise uniquement pour ceux qui ont déjà tout englouti. Peu d’intérêt ludique, une technique bancale, une ambiance soporifique… Les amateurs de mystères bien ficelés et de frissons crédibles peuvent fuir sans se retourner. Même Banban ne vous en voudra pas.
