Test de Gears of War: E-Day – Des Locustes, un Lanzor et un GOTY en puissance.

Quatorze ans avant que Marcus Fenix ne devienne l’icône que tous les joueurs Xbox connaissent, Sera bascule dans l’horreur. Gears of War: E-Day nous replonge au tout début du cauchemar, lors du fameux Jour de l’Émergence. Alors que tout semblait suivre son cours normal, les Locustes jaillissent littéralement du sol et transforment la planète en gigantesque zone sinistrée. Entre immeubles qui s’effondrent, civils paniqués et créatures prêtes à vous transformer en steak haché, l’ambiance est immédiatement posée. Et autant le dire tout de suite : si vous pensiez passer une journée tranquille, vous vous êtes trompé de jeu. Mais je vous le dis : vous allez kiffer !

Pour moi, le retour de Gears était attendu comme le retour d’un vieux pote qu’on n’avait pas vu depuis trop longtemps. Alors que l’on pouvait penser retrouver la suite directe de Gears 5, The Coalition a préféré regarder dans le rétroviseur. Et franchement, impossible de leur en vouloir. Voir Marcus et Dom avant les événements de la trilogie originale apporte une vraie dimension émotionnelle à l’aventure. Connaître leur avenir rend certains dialogues et certaines scènes particulièrement marquants. Dès les premières heures, on retrouve cette sensation familière : les insultes pleuvent, les balles fusent et les Locustes explosent en morceaux avec une générosité presque artistique. On se sent immédiatement à la maison, sauf que la maison est en feu et qu’un monstre de trois mètres tente de vous arracher les bras. Un lundi matin normal pour Marcus.

Concernant les graphismes, je vais être direct: j’ai pris une claque monumentale. Unreal Engine 5 fait ici des merveilles et propulse la licence dans une autre dimension. La modélisation des personnages est impressionnante, les animations sont d’une fluidité exemplaire et les environnements débordent de détails. Les combats sont un festival de particules, de fumée, de débris et d’effets lumineux. Mention spéciale aux transitions entre cinématiques et gameplay qui sont tellement transparentes que notre mâchoire a la fâcheuse tendance à se décrocher. À plusieurs reprises, je me suis surpris à rester quelques secondes sans bouger juste pour admirer le décor. Oui, je sais, ce n’est pas très efficace quand une créature armée de griffes fonce sur vous à pleine vitesse. Le niveau technique est tout simplement ahurissant et place E-Day dans la discussion des plus beaux jeux jamais sortis sur Xbox Series X. D’ailleurs, je me mouille : c’est le plus beau jeu de la console.  

Pour le gameplay, pas de révolution spectaculaire à l’horizon, mais un perfectionnement intelligent de la formule. Les affrontements à couvert restent le cœur de l’expérience et procurent toujours autant de satisfaction. Les nouvelles possibilités de déplacement apportent davantage de liberté : sauts, mouvements plus fluides, déplacements couchés et meilleure gestion de la verticalité. Le résultat est simple : tout paraît plus naturel sans trahir l’identité de la série. Les sensations des armes restent incroyables, notamment la mythique Lanzor et sa tronçonneuse intégrée qui continue de transformer les Locustes en confettis biologiques. Nous avons eu la chance de recevoir plusieurs codes du jeu par Xbox, alors nous avons testé différentes approches grâce aux modes coopératifs. Pendant que je vivais l’aventure en solo, Thomas et Théo découvraient la campagne à deux en ligne. D’ailleurs, il est possible de jouer en coopération local à deux sur le même écran et jusqu’à 4 en ligne. Cette flexibilité est un vrai plus et confirme que Gears reste l’une des meilleures licences pour partager des moments entre amis. Un peu comme une thérapie de groupe, sauf que les psychologues sont remplacés par des fusils et des grenades.

Au niveau de l’exploration, le jeu réserve une bonne surprise. Bien sûr, certains passages restent très couloirs et scriptés, héritage assumé des anciens épisodes, mais Kalona propose aussi des zones plus ouvertes où il est possible de fouiller, découvrir des objectifs secondaires ou mettre la main sur des améliorations d’équipement. Ces mods encouragent à sortir du chemin principal et apportent une petite dimension progression bienvenue. Rien qui transforme le jeu en RPG géant de cinquante heures, rassurez-vous, mais suffisamment pour enrichir la formule. C’est un équilibre plutôt réussi entre tradition et modernité. Une approche qui évite de tomber dans le piège du monde ouvert gigantesque rempli de quêtes consistant à ramasser trois fleurs ou nourrir un sanglier dépressif.

Pour la bande-son, difficile de trouver grand-chose à reprocher. Les musiques accompagnent parfaitement les affrontements et renforcent l’intensité dramatique des scènes les plus marquantes. Le sound design est impressionnant : chaque tir, chaque explosion et chaque rugissement de Locuste résonne avec une puissance remarquable. La véritable star reste toutefois le doublage français. Les voix sont excellentes, les dialogues sonnent juste et l’alchimie entre les personnages fonctionne à merveille. Certaines répliques fusent avec une énergie digne des meilleurs films d’action de science-fiction. On retrouve cet esprit Gears qui oscille constamment entre camaraderie, tension, insulte et humour de militaires complètement dépassés par la situation. 

Concernant la durée de vie, The Coalition signe tout simplement la campagne la plus ambitieuse de la série. Comptez une quinzaine d’heures pour voir le générique de fin, davantage si vous prenez le temps d’explorer ou de jouer dans les difficultés élevées. Certains affrontements sont particulièrement corsés, même en mode Normal, et obligent parfois à revoir sa stratégie. Cette aventure généreuse ne donne jamais l’impression de tirer artificiellement en longueur. Au contraire, chaque chapitre apporte son lot de scènes spectaculaires et de moments mémorables. Quand le générique est arrivé, j’avais surtout envie d’enchaîner directement sur une deuxième partie, ce qui reste généralement un excellent signe. 

Un mot sur les options graphiques, on peut choisir de jouer en mode Performance avec un affichage stable à 60 images par seconde, en mode Qualité pour profiter d’une 4K irréprochable, ou encore via un excellent mode Équilibré offrant une résolution élevée et un framerate tournant autour des 40 images par seconde. Pour profiter pleinement de ce dernier mode, il faudra toutefois disposer d’un téléviseur compatible avec les technologies les plus récentes. Enfin, dans ce test, nous nous sommes uniquement concentrés sur la campagne, qui est excellente, et nous n’avons pas abordé les modes multijoueurs puisque nous n’y avions pas encore accès durant la période de review. Les modes Horde Siege et Versus ne seront disponibles qu’à partir du lancement anticipé, prévu aujourd’hui. En revanche, j’ai déjà eu l’occasion de tester la bêta multijoueur et cela s’annonce très prometteur ! On vous en reparlera très bientôt, mais pour l’heure, c’est bien la campagne de Gears of War: E-Day qui est au centre de notre verdict.

Pour conclure, Gears of War: E-Day est exactement le retour que j’espérais sans vraiment oser y croire. Spectaculaire, brutal, techniquement bluffant et incroyablement plaisant à jouer, il réussit à célébrer tout ce qui fait la force de la licence tout en modernisant intelligemment sa formule. Entre son histoire prenante, sa réalisation délirante, son gameplay peaufiné et sa campagne généreuse, il ressemble à un gigantesque menu Maxi Best of de Gears of War. Une véritable déclaration d’amour aux fans, servie avec des explosions, des tronçonneuses et une tonne de Locustes découpés. Bref, il mérite son GOTY : le Gears of the Year ! 

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Et en bonus, retrouvez notre test complet en vidéo

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