GOST of Time m’a accroché par son idée centrale brillante : chaque fois que je rembobine, mon “moi” précédent reste dans le niveau et répète exactement mes actions passées. Ces clones temporaires deviennent mes coéquipiers… et parfois mes pires ennemis.

Chaque niveau est un défi de coordination. J’avance, j’active un interrupteur, je déclenche une plateforme… puis je rembobine en avalant une pilule qui est la seule façon de voyager dans le temps. Celle-ci me tue et me permet de réapparaitre à un nouveau point de départ, tandis que mon clone rejoue fidèlement les mouvements jusqu’à sa mort. À moi de profiter de cette version passée pour atteindre un nouvel objectif, ou d’éviter qu’elle ne me bloque la route. C’est là que le jeu devient grisant : il faut anticiper plusieurs coups à l’avance, un peu comme dans un jeu d’échecs en temps réel.

Les premières énigmes sont simples : activer deux boutons simultanément, attirer un garde pour libérer un passage… Mais rapidement, la complexité grimpe. Il faut parfois gérer trois ou quatre clones, chacun effectuant une séquence précise, tout en évitant que leurs trajectoires ne s’entrechoquent. La précision est essentielle : un pas de trop, et tout le plan s’effondre. On recommence, on ajuste, on affine jusqu’à trouver la solution parfaite.

Visuellement, c’est du pixel art clair et lisible. Pas d’effets tape-à-l’œil, mais un style rétro efficace qui met en valeur la logique des niveaux. L’ambiance sonore est sobre, rythmée par de petites boucles qui soutiennent la concentration. Le jeu va droit au but : chaque tableau est pensé comme un casse-tête pur, sans remplissage inutile. Il ressemble à Hotline Miami sans tout le gore qui lui est propre.

Ce qui m’a le plus plu, c’est cette sensation d’être à la fois le stratège et l’exécutant. Mon meilleur atout, c’est ma propre histoire : mes actions passées créent les solutions du présent. Mais c’est aussi ma plus grande menace : un mauvais choix dans une boucle précédente peut tout compromettre. Cette dualité rend chaque puzzle à la fois technique et narratif.

La durée est courte, comptez quelques heures, mais dense. Chaque niveau demande réflexion et essais, et la satisfaction de trouver la bonne séquence est réelle. GOST of Time ne joue pas sur la vitesse ou le spectacle, mais sur l’élégance de ses mécaniques et le plaisir de les maîtriser.
