Nos soirées au XoN sont compliquées. Souvent, on se retrouve sur le live pour discuter, jouer et refaire le monde sur un rocking-chair avec un plaid écossais et une tisane, avec de mon côté Sundae sur les genoux. Non, je déconne, mais écouter les diarrhées verbales de notre Théo national est éprouvant. Taummax, notre politicien galérien, nous expose aussi sa façon de refaire notre société et Riggs nous raconte tout l’éventail de la cuisine asiatique, du rouleau de printemps au gyoza, le ravioli, et les bao buns bien fourrés. C’est difficile, et c’est pour cela que j’adore plonger dans les Vampire Survivors, jouer sans se prendre la tête en défouraillant tout ce qui se trouve à l’écran. Mon nouvel échappatoire à la cohue du XoN : Grind Survivors.

Ici, pas de scénario alambiqué. Vous êtes un chasseur de démons dans un monde post-apo et on vous envoie dans le balltrou de l’enfer pour éradiquer les cohortes de rejetons infernaux afin d’exorciser une région et peut-être passer à la suivante. Un dash, un spécial avec un temps de recharge, une arme et en avant Guingamp.

Une musique légèrement métal accompagnera votre charnier et donnera du rythme à votre collecte de cristaux d’XP. Vous passerez des niveaux et permettrez à votre arme ou à vous-même d’obtenir des compétences. Tirs de feu, de glace, bouclier, tout cela vous aidera à mettre fin au joug de l’enfer. Vous pourrez choisir dès le départ votre arme de destruction, à savoir si vous êtes plutôt revolver, fusil à pompe ou double mitraillettes. Vous aurez également à purifier des autels et à rester dans la zone afin d’obtenir un bonus qui facilitera votre run.

À la fin du temps imparti, variable selon le biome et la difficulté, vous affronterez un boss dans un espace très réduit et vous l’enverrez rejoindre ses ancêtres avec une bonne claque de daron, comme Daddy sait si bien les faire. La principale caractéristique du jeu, c’est le loot.

Et oui baby, t’as le loot coco. Lors de votre partie, en plus de votre expérience, vous récupérerez des armes et des ressources en fonction de votre difficulté. Un petit côté Borderlands où il faudra prendre en compte les différents modèles d’armes, leurs aptitudes sur vous, votre dash, votre régénération de santé ou votre bouclier. C’est un jeu de gestion d’armes : les améliorer, les faire fusionner, les recycler, tout cela pour obtenir votre meilleur build et venir à bout de votre mode de difficulté. Un arbre de compétences est aussi disponible afin de complexifier encore plus le schmilblick.

Le problème, c’est que personnellement, cela m’a laissé de marbre. Quand Vampire Survivors joue sur la spontanéité et le fun immédiat, avec Grind Survivors on est sans cesse dans la gestion d’inventaire. Si dans Borderlands cela ne pose pas de problème tant le jeu est inondé, tel une golden shower, d’humour pipi-caca et représente un plaisir coupable de défouloir, ici le fait de n’avoir qu’un nombre d’actions limité et d’être dans une gestion de foule sans saveur m’a laissé dubitatif quant à mon investissement sur le long terme.

Au départ, vous n’avez qu’un biome. Tout est bloqué et sans refaire le même sempiternel niveau avec des difficultés accrues, vous ne débloquerez rien de ce que le jeu a à vous offrir. C’est long, c’est chiant et ce n’est pas passionnant. La difficulté est assez mal dosée avec un écart énorme entre le premier niveau et le second. Selon moi, cela va en décourager plus d’un. Mais si le loot est votre religion et que le Survivors est votre évangile, vous trouverez sûrement votre bonheur.

Ce n’est pas un mauvais jeu, mais déjà vu de l’extérieur, un Survivors peut sembler monotone, redondant et pas très intéressant. La courbe de progression de Grind Survivors et son aspect loot ont achevé de mettre un dernier clou au cercueil, et pas celui de Dracula.
