Test de Herdling – Le Cas Licorne Protocole

Herdling est le nouveau projet d’Okomotive, le studio derrière les poétiques FAR: Lone Sails et Changing Tides. Cette fois, fini le voyage en machine bringuebalante : on part en montagne, accompagné d’un troupeau de créatures étranges et adorables, les Calicornes. Ces grosses bestioles mi-vache mi-mammouth vous suivent dans une expédition contemplative, entre paysages à couper le souffle et dangers tapis dans l’ombre. Un walking simulator ? Oui. Mais avec un troupeau sous le bras.

Jolie DA

On retrouve d’emblée la patte d’Okomotive : une aventure silencieuse, une narration visuelle et un univers à la fois mélancolique et plein de charme. Herdling se vit sans dialogue, mais chaque geste compte : nourrir vos Calicornes, les caresser, leur accrocher des breloques aux cornes ou simplement se blottir contre eux le soir venu. Le lien se tisse doucement, et mine de rien, on s’attache à ces grosses peluches cornues. Certains ont même un petit surnom, histoire de leur donner une personnalité. Oui, j’ai eu droit à un coquin dans le lot, et étrangement, c’était toujours celui qui salissait le campement avant le coucher (Jingoro c’est toi?). Coïncidence ? Je ne crois pas.

En avant vers l’aventure

L’exploration est une véritable carte postale interactive. Champs verdoyants, grottes inquiétantes, falaises balayées par les vents… Herdling réussit à capturer une ambiance singulière, à la fois apaisante et un brin oppressante quand le danger rôde. Car attention, vos Calicornes ne sont pas invincibles : un mauvais pas sur un pont gelé ou une rencontre trop bruyante dans une grotte sombre peut avoir des conséquences tragiques. Et là, pas question de simplement recharger une sauvegarde sans rien ressentir : on s’attache, donc on stresse.

Il me regarde du coin de l’œil

Côté gameplay, Herdling joue la carte de l’originalité… parfois à ses dépens. Conduire un troupeau, c’est comme vouloir garer une bétaillère en marche arrière : ça répond, mais pas forcément comme vous l’espérez. Le système basé sur la touche RT et ses multiples variantes (maintenir, relâcher, rappuyer, etc.) demande un vrai temps d’adaptation. C’est volontairement différent, mais ça frustre aussi un peu, surtout quand on imagine tout ce qu’un mapping plus classique aurait pu simplifier.

Les mécaniques annexes, comme l’utilisation d’énergies colorées pour activer des ruées ou révéler des fresques, apportent une petite touche de variété bienvenue. Mais globalement, le jeu alterne entre instants magiques et séquences qui s’étirent inutilement. Gravir une montagne à deux à l’heure dans le vent glacial, c’est peut-être réaliste… mais manette en main, ça finit par ressembler à un abonnement salle de sport non désiré.

Le plus important c’est la quête

Pour autant, difficile de rester fâché. Parce que Herdling est beau. Vraiment beau. La direction artistique, l’éclairage, le contraste entre moments paisibles et passages plus sombres : tout invite à contempler et à se laisser happer. Okomotive a encore une fois ce talent rare de transformer une simple traversée en une expérience émotionnelle.

Et puis, à la fin, on se surprend à jeter un dernier regard à son troupeau avec une vraie tendresse. Pas besoin de dialogues, juste un lien silencieux qui s’est construit au fil des pas. Herdling, c’est ça : un voyage qui touche plus qu’il ne divertit.

En conclusion, Herdling est un walking simulator original, touchant mais aussi déroutant. Il faudra s’adapter à un gameplay volontairement particulier, mais si on accepte de marcher au rythme des Calicornes, c’est une belle histoire à vivre. Et grâce au Game Pass, on aurait tort de ne pas se laisser tenter par l’expédition.