Test de Hollowbody – Encore une horreur de l’horreur ?

Entrer dans Hollowbody, c’est un peu comme accepter un covoiturage avec quelqu’un qui te dit « t’inquiète, je connais un raccourci » avant de foncer tout droit dans Silent Hill version banlieue post-apo. Tu incarnes Mica, livreuse clandestine avec une mission romantico-suicidaire : retrouver sa partenaire disparue dans une zone d’exclusion qui pue la mort et le regret administratif. Entre crash aérien, GPS qui fait n’importe quoi et ambiance plombée digne d’un lundi matin sous pluie radioactive, le jeu te prend par la main… puis la lâche dans un fossé.

Au niveau des graphismes, on sent clairement l’hommage aux survival horror du début des années 2000, mais plutôt version « souvenir flou » que « réinterprétation moderne ». Les décors sont ternes, les textures semblent sorties d’un vieux disque dur oublié et les animations ont la souplesse d’un Playmobil stressé. Il y a bien une certaine atmosphère, une intention artistique, mais elle est souvent enterrée sous un manque de détails qui donne l’impression de traverser un monde en bêta depuis 2004.

Concernant le gameplay, on est sur du vintage… mais pas dans le bon sens du terme. Se déplacer donne parfois l’impression de piloter un caddie avec une roue bloquée. Dès que tu te mets à courir, Mica décide que les directions sont une suggestion et non une règle, surtout quand la caméra change d’angle sans prévenir. Résultat : des moments de tension qui virent au sketch involontaire. Résoudre des énigmes ou esquiver un danger devient alors un numéro d’équilibriste où ton principal ennemi n’est pas la zone, mais les contrôles eux-mêmes. On voulait du Resident Evil à l’ancienne, on a parfois l’impression de jouer à « où va ce personnage et pourquoi ».

Pour la bande-son et le doublage, la sauce ne prend pas vraiment non plus. Les musiques font le job sans jamais vraiment marquer les esprits, un peu comme un ascenseur qui grince avec conviction mais sans émotion. Côté voix, le jeu est entièrement en version originale, mais sans sous-titres français, ce qui peut rapidement devenir un problème si ton anglais se limite à « yes » et « burger ». Les performances vocales, elles, oscillent entre correctes et oubliables, sans jamais donner ce petit frisson narratif qu’on attend dans ce genre d’ambiance.

Concernant la durée de vie, il faut compter entre 6 et 8 heures selon ton niveau de patience et ton envie d’explorer chaque recoin. Ce n’est pas extrêmement long, mais vu certaines frustrations accumulées en chemin, ça peut déjà sembler être un marathon émotionnel. Le jeu propose bien quelques éléments à débloquer après la fin, mais encore faut-il avoir envie d’y retourner sans jeter sa manette par la fenêtre.

Au final, Hollowbody est une expérience qui voulait clairement rendre hommage aux classiques du survival horror, mais qui finit par ressembler à un cosplay mal ajusté de ses inspirations. Entre gameplay capricieux, technique datée et ambiance qui peine à décoller, le voyage dans cette zone d’exclusion laisse surtout un goût de rendez-vous manqué. Même Mica aurait sans doute préféré payer un taxi spatial et éviter ce détour.