On croit parfois avoir fait le tour des jeux de survie et de craft en vue subjective. On te parachute sur une planète inconnue, on te donne un outil de récolte basique, et c’est reparti pour des dizaines d’heures à ramasser des ressources. Honeycomb: The World Beyond part exactement de ce constat, mais tente d’apporter une petite touche personnelle en axant tout son gameplay sur la bio-ingénierie et la découverte scientifique. Un pitch qui intrigue immédiatement, surtout si tu aimes jouer au botaniste du futur.

Dès les premiers pas sur la planète Sota 7, la direction artistique saute aux yeux. Le monde est visuellement très réussi, offrant une faune et une flore verdoyantes et étranges qui donnent une vraie envie d’explorer. L’ambiance générale est plutôt apaisante, rappelant un peu l’émerveillement des premières heures de No Man’s Sky ou l’aspect laboratoire de Subnautica. C’est propre, coloré, et le travail sur la lumière rend certaines promenades martiennes vraiment très agréables. Le sound design discret accompagne l’ensemble sans jamais venir te casser les oreilles.

Le titre se distingue rapidement des jeux de survie traditionnels. Ici, pas besoin de surveiller une jauge de faim punitive toutes les deux minutes. L’essentiel du gameplay repose sur l’analyse, la récolte et surtout la manipulation d’échantillons bio-végétaux. Tu te retrouves à croiser des espèces de plantes pour débloquer de nouveaux matériaux, développer tes technologies et construire ton laboratoire portable. Cette boucle scientifique s’avère particulièrement gratifiante lors des premières heures, donnant un vrai sentiment d’être un chercheur pionnier perdu dans l’espace.

L’expérience montre quelques limites au fil de la progression. Si le système de croisement génétique est bien pensé, les objectifs finissent par se répéter un peu trop. Les allers-retours pour trouver la bonne plante ou le bon composant peuvent rapidement installer une certaine routine. De plus, l’absence de réelle menace ou de tension dramatique prive le jeu d’un brin d’adrénaline. Les joueurs en quête d’action frénétique ou de combats intenses repasseront : le rythme est résolument lent et contemplatif.

On regrettera également quelques lourdeurs dans l’interface et la gestion des menus à la manette Xbox, parfois un peu trop pensées pour le combo clavier-souris. Ayant pu tester le jeu sur les deux plateformes grâce au Xbox Play Anywhere, j’ai largement préféré la maniabilité PC à la maniabilité sur Xbox Series X. La navigation dans l’inventaire et l’analyseur manque légèrement de fluidité lors des longues sessions de craft. Malgré ces petits écueils techniques et ce manque de variété sur le long terme, le titre parvient à maintenir l’intérêt grâce à son univers original et son approche médicale pacifique du genre.

Honeycomb: The World Beyond est une proposition honnête et rafraîchissante pour quiconque cherche une aventure de science-fiction calme et axée sur la découverte. S’il manque parfois de piment et souffre d’une certaine répétitivité, sa boucle de gameplay scientifique et ses décors accrocheurs sauront séduire les amateurs d’exploration. Ce n’est pas le titre qui révolutionnera le genre, mais c’est une pause bucolique tout à fait agréable dans le catalogue Xbox.
Le jeu a été testé sur Xbox Series X et sur PC : Configuration de test PC: Core Ultra 9 285K / 64 Go de RAM / RTX 5070 Ti
