I Have No Mouth, and I Must Scream est un titre a ne pas laisser entre toutes les mains. C’est une vieillerie de 1995 émulée dans son jus, qui va piquer les yeux et surtout, est difficile à apprécier si on n’aime pas le style d’histoire qui nous est proposée. Je vais essayer de vous expliquer l’histoire de ce titre, mais gardez en tête qu’on est dans un vieux point and click qui sent le vieux canapé bien usé.

Le jeu t’enferme sur une Terre post-apo, rasée par ce même AM, une intelligence artificielle née de la guerre froide, qui a fini par fusionner ses versions russes, chinoises et ricaines avant de retourner sa haine contre l’humanité. Résultat : extinction quasi totale, sauf cinq pauvres âmes condamnées à souffrir pendant plus d’un siècle, juste pour le fun. Mais AM se lasse, et décide de jouer en forçant chacun des personnages à affronter ses pires démons via des scénarios taillés sur mesure. Et ça ne rigole pas : meurtres, viols, génocides, tout y passe. Âmes sensibles, fuyez.

Pour les autres, bienvenue dans un jeu sombre, cruel, mais jamais gratuit. Chaque séquence est chargée de symboles et de sous-textes, flirtant parfois avec le cauchemar psychanalytique. L’ambiance est poisseuse à souhait, la musique sinistre colle bien, même si elle tourne un peu en rond. Côté gameplay, c’est du classique point’n click à verbes, avec en bonus un “baromètre spirituel” qui change selon tes choix : plus tu fais preuve de bonté, plus ton perso rayonne. Sinon… bah, tu le condamnes à une mort misérable. Normal.

Attention toutefois : entre les game over fréquents et les impasses de progression, mieux vaut sauvegarder compulsivement. Heureusement, le cheminement reste globalement logique, et les développeurs ont évité les énigmes absurdes juste là pour rallonger la sauce. Chaque personnage peut sa rédemption (ou pas), et les fins varient selon tes choix, avec une conclusion finale à débloquer si tu as mené tout le monde jusqu’au bout de l’enfer. Un petit clin d’œil bien senti attend même les fans de la nouvelle originale.

Graphiquement, c’est de la belle 2D CD-ROM des années 90, donc c’est moche en 2025, avec quelques bugs relous qui trainent en bonus, mais rien de rédhibitoire. L’aide contextuelle existe, mais elle te fait perdre des points de karma, alors use-la comme un joker empoisonné. Le jeu a la bonne idée d’être intégralement traduit en français, même les doublages et c’est une vraie bonne chose. Niveau durée de vie, il faut compter une dizaine d’heure pour le finir.
Bref, I Have No Mouth, and I Must Scream, c’est pas juste un jeu, c’est une descente dans les abysses de l’âme humaine, emballée dans un vieux point and click des années 90. Niveau accessibilité, on va dire que c’est compliqué. Et Jingoro nous dirait « à qui ça peut plaire? » et honnêtement, je ne sais pas sauf les plus curieux qui connaissent la nouvelle originale de Harlan Ellison
