Test de Jelly Math – La bosse des maths

Dans un monde où même les bonbons veulent passer le bac S, Jelly Math débarque avec une promesse aussi étrange qu’un crossover entre Tetris et un vieux manuel de maths oublié au fond d’un sac Eastpak. Le concept est simple sur le papier : des cubes de gelée colorés, chacun avec une petite valeur, que l’on doit combiner intelligemment pour obtenir le résultat parfait. Dans la pratique, c’est un peu comme essayer de faire une équation en mangeant des Dragibus : ça colle, ça rebondit, et parfois on ne sait plus trop pourquoi on est là. Le tout se déroule dans des décors de pique-nique chaleureux, comme si votre cerveau faisait ses devoirs au milieu d’un goûter géant.

Au niveau des graphismes, il faut être honnête : on est plus proche d’un cahier de coloriage que d’une vitrine technique. Les gelées sont colorées, certes, mais on dirait qu’elles ont été modélisées pendant une pause café un peu trop courte. Rien n’est franchement moche au point de piquer les yeux, mais rien ne donne non plus envie de faire une capture d’écran pour la montrer fièrement à ses amis. Disons que c’est fonctionnel, comme une calculatrice Casio : ça fait le job, sans jamais susciter la moindre émotion.

Concernant le gameplay, on retrouve cette fameuse patte Afil Games : du placement de formes sur un plateau, encore et toujours. Cette fois, avec des chiffres en plus, histoire de se donner bonne conscience intellectuelle. Sur le papier, ça pourrait être malin. En pratique, jouer à la manette relève parfois de l’épreuve, avec des manipulations peu agréables et un manque de précision qui donne envie de poser la manette et de résoudre l’équation avec un vrai stylo. On teste, on tourne, on place… puis on répète, comme dans un épisode un peu trop long de Black Mirror où la boucle n’aurait pas vraiment de twist.

Pour la bande-son, préparez-vous à entrer dans l’ascenseur le plus long de votre vie. La musique tourne en boucle avec l’insistance d’un jingle de supermarché, et finit par s’incruster dans votre tête de manière douteuse. Ce n’est pas désagréable au départ, loin de là, mais après quelques niveaux, vous aurez probablement envie de lancer votre propre playlist, ou à défaut, d’écouter le silence. Oui, on en est là.

Concernant la durée de vie, le jeu aligne les puzzles avec une générosité certaine, et surtout un objectif qui parle immédiatement à tous les chasseurs de succès : 2000G à portée de main. Et ça, c’est presque le vrai jeu dans le jeu. On avance, on complète, on débloque, avec une efficacité chirurgicale. Ce n’est pas forcément passionnant sur la longueur, mais ça fonctionne comme une petite routine, un peu comme scroller sans fin sur TikTok en se promettant « allez, encore un dernier niveau ».

Au final, Jelly Math ressemble à ce pote sympa qu’on ne voit qu’en soirée : agréable sur le moment, vite oublié le lendemain. Le concept n’est pas idiot, mais l’exécution manque de saveur, comme une gelée sans sucre. Ça se laisse jouer, surtout pour gonfler son score de succès, mais difficile d’y voir autre chose qu’un énième puzzle vite consommé, vite rangé. Bof, comme une équation résolue sans jamais comprendre pourquoi.