Test de Junkster – Ulysse revient !

Quand un vaisseau cargo finit sa course sur une planète transformée en décharge géante, il faut bien qu’un héros se dévoue. Enfin, un héros… ou plutôt UM-13, un petit robot armé d’une clé à molette et d’une bonne dose de débrouillardise. Dans Junkster, on explore un monde de détritus intergalactiques en recyclant des déchets pour créer des outils, résoudre des énigmes et récupérer une cargaison d’artefacts humains perdue dans le crash. Le tout est présenté comme un vieux comic américain des années 80, avec un charme rétro qui donne l’impression que Wall-E a été élevé par les Tortues Ninja dans une casse automobile spatiale.

Au niveau des graphismes, Junkster s’en sort plutôt bien grâce à son style cel shading qui colle parfaitement à son univers de bande dessinée. Ce n’est clairement pas la claque visuelle qui fera fondre votre Xbox Series X en larmes, mais l’ensemble reste agréable à regarder. Les environnements débordent de déchets créatifs et le petit UM possède une vraie personnalité malgré son statut de grille-pain ambulant. On est loin d’un Ratchet & Clank, mais on évite aussi la catastrophe industrielle façon jouet oublié au fond d’un bac à recyclage.

Concernant le gameplay, le mélange entre plateforme 3D, action et construction est une bonne idée sur le papier. Construire différents objets à partir de déchets pour progresser ou résoudre des énigmes apporte régulièrement une petite satisfaction intellectuelle. On se surprend parfois à réfléchir davantage qu’attendu avant de trouver la bonne solution. En parallèle, le jeu ajoute des combats contre des robots et autres créatures de pacotille. Malheureusement, ces affrontements se résument souvent à une stratégie très avancée : appuyer très fort sur le bouton de frappe jusqu’à ce que plus rien ne bouge. Même un joueur de Dynasty Warriors trouverait ça un peu direct.

Pour les phases de plateforme et de construction, c’est là que la rouille commence à apparaître. Le personnage glisse souvent plus qu’il ne devrait, comme s’il portait des chaussures en savon liquide. La caméra décide parfois de partir en vacances exactement au mauvais moment et le mapping des touches dédié à la construction donne l’impression d’avoir été conçu après une nuit blanche et trois cafés froids. Rien d’insurmontable, mais ces imprécisions reviennent suffisamment souvent pour casser le rythme et provoquer quelques soupirs bien sentis.

Concernant la bande-son et la durée de vie, le bilan reste correct sans être mémorable. Les musiques accompagnent l’aventure efficacement sans devenir le prochain thème que l’on écoutera en boucle sur Spotify. Quant à l’aventure principale, comptez environ six à huit heures pour en voir le bout. Une durée raisonnable qui évite de tirer inutilement sur la corde.

Au final, Junkster est un jeu sympathique qui déborde de bonnes intentions et d’idées amusantes, mais qui manque de finition pour réellement décoller. Un moment agréable à passer pour les amateurs de plateforme 3D, même si UM-13 ne risque pas encore de voler la vedette à Mario ou à Sonic. Disons qu’il mérite surtout une médaille du meilleur recycleur galactique. A noter, que le jeu est disponible sur le Game Pass !