KABOOMANIA arrive avec ses gros sabots rétro, ses explosions à répétition et son pixel art fièrement issu d’un autre siècle. Conçu à l’origine pour l’Amiga 1200 puis exhumé pour les plateformes modernes, le jeu tente de ressusciter la magie des grands classiques du bombardement en arène. Sur le papier, l’idée est séduisante : des milliers de niveaux, une esthétique old-school assumée et une ambiance qui sent bon les après-midis passées devant un écran cathodique. Malheureusement, comme certaines suites qu’on n’avait jamais demandées, le résultat rappelle surtout pourquoi certains classiques sont restés inégalés.

Au niveau des graphismes, KABOOMANIA mise tout sur son charme rétro avec un pixel art en 128 couleurs qui fera briller les yeux des nostalgiques de l’Amiga. Le problème, c’est que l’hommage tourne parfois à la reconstitution archéologique. Les décors manquent souvent de lisibilité et, au milieu du chaos ambiant, il devient parfois plus difficile de repérer un ennemi qu’une aiguille dans la botte de foin de Skyrim. Certes, l’ensemble possède un certain cachet vintage, mais face à d’autres productions néo-rétro plus inspirées, le résultat paraît aussi moderne qu’un modem 56K au milieu d’une connexion fibre.

Concernant le gameplay, la comparaison avec Bomberman est inévitable. En réalité, elle est même impossible à éviter tant KABOOMANIA ressemble à une photocopie légèrement délavée du classique de Hudson Soft. Les mécaniques restent accessibles et les nombreux bonus apportent un peu de variété, mais la formule manque de finesse. Là où Bomberman transformait chaque partie en duel tactique digne d’un épisode de Death Note, KABOOMANIA se contente souvent d’empiler les explosions et les déplacements sans véritable génie derrière. Les ennemis variés tentent de renouveler l’expérience, mais le sentiment de déjà-vu revient plus vite qu’un speedrunner sur son jeu préféré.

Pour la bande-son, il faut reconnaître que la présence de Chris Huelsbeck apporte un véritable atout. Les musiques accompagnent efficacement l’action et renforcent cette ambiance rétro authentique que le titre cherche à cultiver. C’est même parfois le principal moteur qui pousse à continuer quelques niveaux supplémentaires. Le mode multijoueur local à quatre joueurs offre également quelques moments sympathiques sur le canapé, surtout si vous disposez de trois amis patients et d’une bonne réserve de snacks. Dommage qu’aucun mode en ligne ne soit proposé, car cette absence donne l’impression d’un voyage temporel un peu trop fidèle aux années 90.
Concernant la durée de vie, difficile de ne pas être impressionné par le chiffre affiché : 1000 niveaux. Oui, mille. C’est énorme. C’est aussi à peu près le même effet que regarder les dix saisons d’une série moyenne uniquement parce qu’elle est disponible. Après plusieurs heures, la répétition s’installe durablement et les nouvelles idées deviennent aussi rares qu’un politicien qui refuse une interview. Le contenu est colossal, mais la lassitude arrive bien avant la ligne d’arrivée, faute de véritables surprises ou d’évolutions marquantes dans les derniers mondes.

Au final, KABOOMANIA ressemble à un fan game de Bomberman qui aurait trouvé une machine à remonter le temps mais oublié d’emporter quelques bonnes idées avec lui. Son immense contenu, sa bande-son de qualité et son authenticité rétro séduiront certains passionnés du genre, mais pour la plupart des joueurs, l’expérience risque surtout de rappeler qu’il existe déjà un roi sur ce trône explosif. Et entre un imitateur courageux et l’original légendaire, autant retourner voir Super Bomberman : lui au moins sait encore comment faire sauter la banque.
