Test de Kara Fantasy – Simon, Kara ???

Je vous propose de fermer les yeux et d’imaginer un jeu qui reprend la formule de The Legend of Zelda: A Link to the Past, mais découpée en niveau à débloquer un par un, et surtout sans le charme et l’âme de l’original. Bienvenue dans Kara Fantasy, une aventure qui, sur le papier, promet un voyage épique au pays de la nostalgie, mais qui, en pratique, ressemble plus à un stage d’observation en entreprise chez Nentindo, une société qui arnaque les développeurs en herbe.

Cela vous rappelle un truc?

Vous incarnez Hiro, un garde du corps courageux (mais un peu mou), chargé de sauver la princesse Kara, kidnappée par des forces maléfiques qu’on imagine très méchantes, mais qui manquent cruellement de personnalité. Pour la retrouver, il faudra explorer cinq mondes, chacun divisé en plusieurs niveaux fermés. L’objectif ? Trouver cinq cristaux cachés, soit en tranchant des ennemis, soit en maltraitant la végétation locale. Une fois votre collecte terminée, hop, sortie de secours activée, direction le niveau suivant ou la boutique pour faire le plein de potions.

Le coup de l’arc

Le gameplay repose sur un système d’armes bien connu : épées, arcs, boomerangs, bombes… Tiens donc, ça ne vous rappelle rien ? Si Zelda 3 était une pizza napolitaine généreuse et gourmande, Kara Fantasy serait une version surgelée avec trois ingrédients en moins. Les combats sont mous du genou, les ennemis (limaces, gobelins, squelettes, rats, araignées, le bingo du bestiaire générique) manquent d’intérêt, et le tout donne cette désagréable impression de déjà-vu sans la touche de génie.

C’est juste une boite

Le système de progression est là pour la forme : on peut améliorer ses armes et armures, collecter des ressources, acheter des potions… mais rien de tout ça ne sauve l’expérience de son apathie générale. À aucun moment on ne ressent l’excitation de découvrir un nouvel objet ou la satisfaction d’un power-up marquant. C’est du RPG-lite, mais sans le côté savoureux.

Même pas peur

Et la direction artistique dans tout ça ? Cela manque de personnalité. Les environnements sont fades et répétitifs, les animations manquent de dynamisme et la ville qui sert de hub est aussi vivante qu’une ville dortoir un lundi matin. Côté musique, même constat : rien de mémorable, juste des mélodies génériques qui peinent à instaurer une quelconque ambiance. Quant aux bruitages, ils sont recyclés au point de donner l’impression qu’on a déjà joué à ce jeu avant même de l’avoir lancé.

Du violet, pour varier les plaisirs

Enfin, pour couronner le tout, pas de traduction française. Certes, l’histoire ne nécessite pas un doctorat en linguistique pour être comprise, mais c’est toujours bon à noter pour ceux qui espéraient un minimum d’effort sur l’accessibilité.

En conclusion, Kara Fantasy n’est ni un hommage inspiré ni une alternative valable à A Link to the Past. C’est un copier/coller fainéant, découpé en niveaux, sans le charme, sans le talent, et surtout sans la magie qui rendait l’original inoubliable. Bref, un voyage héroïque sans grand frisson, sauf peut-être celui de l’ennui.