Kiosk te met dans la peau d’un employé de nuit coincé dans un kiosque dégoulinant de pluie, chargé de retourner des steaks et d’éviter de trop réfléchir à ce qui est arrivé au précédent employé. Sur le papier c’est simple: servir des burgers, des boissons, accueillir une galerie de clients plus étranges les uns que les autres, et découvrir au fil des services qu’il se passe quelque chose de franchement louche. Trois modes sont proposés pour rythmer ta soirée: Histoire, Sans fin ou Détente. En résumé, tu cuisines, tu observes, tu t’inquiètes, et tu essaies de comprendre ce qui cloche sans faire brûler la viande. Un programme charmant.

Dans la pratique, Kiosk c’est ce moment où tu réalises que tenir un stand de fast food dans une rue vide en pleine nuit est peut-être la pire idée du monde. Tu enchaînes les commandes de clients affamés, tu prépares des burgers, tu gères les cuissons, tu ajoutes fromage, laitue ou ketchup, tu fais ce que tu peux pour ne pas te tromper… bref, tu joues au petit chef de rue, version pixelisée.

Et puis il y a l’ambiance. L’environnement est glauque, humide, un peu poisseux. Le courant saute, des dialogues te mettent mal à l’aise, et tout ce qui tourne autour du précédent employé donne envie de vérifier derrière soi toutes les deux minutes. On est clairement dans un effort pour instaurer une tension, mais ce n’est pas non plus la nuit de l’année. Disons que ça réveille un peu quand on commençait à somnoler entre deux steaks.

Le gameplay est simple et efficace, même si la sélection serait meilleur à la souris. Rien de révolutionnaire, mais ça fait le job. Les commandes s’enchaînent, les erreurs punissent un minimum, et la boucle de jeu reste claire: on cuisine, on sert, on recommence. Encore. Et encore. Et encore. Il faut aimer l’idée de refaire toujours la même chose en espérant que le script narratif veuille bien avancer de temps en temps.
Graphiquement, difficile d’être surpris: c’est du FPS pixelisé avec peu d’animations et un aspect low cost assumé. Pour 3,99 euros, on ne s’attendait pas à un voyage sensoriel révolutionnaire, et le jeu ne tente même pas de faire semblant. C’est propre, minimal, fonctionnel. Pas de miracle. Bon, tout de même, les visages semblent venir de Max Payne premier du nom.

La bande son reste dans le même esprit: discrète, correcte, mais elle ne marque pas grand-chose. Elle accompagne, sans jamais vraiment souligner l’ambiance étrange du lieu. Ça passe, mais ça ne fait pas grand-chose de plus.
Quant à la durée de vie, compte environ deux heures. Deux heures qui ressemblent parfois à quatre, parce que la répétitivité finit par peser. On avance, mais lentement, en attendant la prochaine micro-surprise qui fera office de sursaut.

En conclusion, Kiosk est un jeu de type horreur/narratif/simulator qui n’arrive jamais à cocher juste sur une des cases du genre. Il n’a pas de vraie qualité marquante, il est surtout très redondant et ennuyant. Mis à part quelques moments qui nous réveillent entre deux services, les deux heures de jeu paraissent plus longues qu’une vraie journée de travail.