Knight Quest: Goblins Raid nous invite à chausser les bottes d’un chevalier sans peur mais manifestement sans budget, prêt à sauter, trancher et râler en silence à travers 21 niveaux de forêts en carton-pâte, de cavernes à moitié éclairées, et de gobelins sortis tout droit d’un bootcamp pour méchants génériques. Un jeu d’action-plateforme 2D qui promet du danger, du loot, et des gobelins énervés. Mais la véritable épreuve… c’est de rester éveillé.

Dès les premiers pas, le jeu donne le ton : sauter, taper, avancer, recommencer. Le gameplay est aussi classique qu’un vieux vinyle rayé. Le chevalier répond à peu près correctement aux commandes, sauf quand il s’agit de sortir son épée. Le coup est lent, mou, et demande une petite anticipation. Pas de panique, les gobelins ne sont pas très vifs non plus : trois ennemis différents, tous aussi peu menaçants qu’un coussin mal cousu, et dotés d’animations en boucle qui donnent l’impression qu’ils dansent une sorte de macarena médiévale.

Les pièges ? Un seul ou presque, c’est dire la variété. On les recase à toutes les sauces, comme si le développeur avait oublié qu’il existait d’autres idées. Quant aux pièces à ramasser, elles servent surtout à gonfler un score totalement inutile, à moins que vous ne soyez en quête de G faciles (et là, vous êtes au bon endroit).
Côté design, l’inspiration semble venir de la NES… mais pas le haut du panier. C’est de la NES qui ne se fatigue pas des masses : les décors sont répétitifs, plats, et donnent la curieuse impression d’avoir été générés par un algorithme qui a renoncé à vivre. Le personnage principal ressemble à un gribouillage grisâtre et illisible, et les ennemis sont des variantes vertes vaguement hostiles. Rien ne se détache vraiment visuellement. C’est fade, générique, et surtout, désespérément répétitif.

La bande-son, quant à elle, tourne en boucle comme si on avait oublié de cliquer sur « arrêter » dans le logiciel de composition. C’est du MIDI à bas coût, insipide et sans âme, qui aurait tout aussi bien pu provenir d’un menu de jeu flash de 2006. Les bruitages ? Discrets à en devenir invisibles. Le tout manque cruellement de personnalité sonore, ce qui n’aide pas à faire passer la pilule de la monotonie ambiante.
On termine l’aventure en à peine 30 minutes, les poches pleines de 2000G et le cerveau vide de souvenirs marquants. Chaque niveau est une copie carbone du précédent, et aucun ne cherche à sortir du lot ou à surprendre le joueur. C’est un jeu qui coche les cases d’un cahier des charges minimal, sans jamais essayer de faire mieux. Même la difficulté n’est pas au rendez-vous : ça se termine trop vite, sans défi, sans variété, sans frisson.

En conclusion, Knight Quest: Goblins Raid, c’est un peu comme une quête épique racontée par un stagiaire distrait. Court, répétitif, visuellement daté et musicalement absent, le jeu n’a rien d’une aventure mémorable. Reste qu’il permet de gonfler sa cagnotte G sans se fatiguer, et ça, c’est peut-être son unique véritable mérite.
