Dans Leila, pas de dragons à pourfendre ni de planètes à sauver. Ici, on explore un terrain bien plus glissant : l’intérieur d’une tête humaine. Et pas n’importe laquelle, celle de Leila, une femme qui a décidé de faire un grand plongeon — non pas dans une piscine, mais dans les abysses de sa psyché. Loin des jeux d’action effrénés, ce titre narratif propose une expérience méditative, presque thérapeutique… ou soporifique, selon votre tolérance au monologue intérieur.

Premier bon point : visuellement, c’est du velours. Chaque écran semble avoir été caressé au pinceau, avec un souci du détail digne d’un carnet de croquis poétique. Les cinématiques animées à la main donnent un vrai cachet à l’ensemble. C’est doux, pastel, presque trop joli pour qu’on ose toucher l’écran. Et pourtant, il faudra bien, puisque le gameplay repose sur des interactions de type glisser-déposer.

Mais ne vous emballez pas trop vite : ces fameuses interactions s’apparentent plus à des « chercher les formes dans une soupe de souvenirs » qu’à de véritables énigmes. Il faut trouver des objets ou des éléments planqués dans le décor, et les traîner au bon endroit. Rien de franchement palpitant — sauf si vous avez une passion secrète pour les puzzles de maternelle. Et quand en plus certaines phases sont aussi lisibles qu’un livre dans le brouillard, on bénit l’aide automatique.

Le gros du jeu, c’est son histoire. Leila se parle à elle-même — beaucoup. Elle rumine, elle doute, elle explore ses relations passées avec une voix anglaise douce et bien interprétée, mais qui donne parfois l’impression d’écouter un podcast de développement personnel version dramatique. Le jeu est intégralement sous-titré en français, ce qui est une bonne chose, car il y a beaucoup à lire/écouter. Quatre chapitres de monologue intérieur où l’action reste au point mort et le rythme ne décolle jamais. Pas d’envolées, pas de rebondissements… juste des réflexions existentielles et des souvenirs flottants.

Côté audio, la bande-son est élégante, discrète, bien dans le ton mélancolique de l’ensemble. Elle accompagne parfaitement ce voyage introspectif et ne tombe jamais dans l’excès. Mais aussi belle soit-elle, elle ne suffit pas à réveiller un joueur en train de sombrer dans une douce léthargie.
En conclusion, Leila est un jeu purement narratif, avec quelques phases de gameplay glisser-déposer qui font office de respiration (ou d’endormissement actif, selon l’heure). C’est joli, c’est doux, c’est plein de bonnes intentions… mais c’est aussi profondément ennuyeux si vous n’adhérez pas d’emblée à son histoire. Soit on s’y plonge avec émotion, soit on s’endort la tête sur le clavier. À vous de voir si vous êtes d’humeur pour une séance de psy illustrée.
