Test de Little Things – Atari à ma blague ?

Incarner une petite créature prête à braver des donjons pour sauver l’amour de sa vie, ça sonne presque comme le pitch d’un Pixar… sauf qu’ici, on troque les émotions en 4K contre des pixels dignes d’un grille-pain des années 80. Little Things vous propulse dans une aventure minimaliste où Whys part à la recherche de Kys à coups de sauts millimétrés et de manipulations de couleurs. C’est simple, c’est épuré, et ça donne surtout l’impression d’avoir branché une antique console Atari 2600 retrouvée au fond d’un grenier poussiéreux. Un voyage dans le temps, en somme… sans la DeLorean.

La puissance de la Xbox Series X

Concernant les graphismes, difficile de ne pas sourire devant une direction artistique qui semble avoir été conçue avec trois pixels et deux idées. Un fond noir, des traits lumineux qui font office de plateformes, des pièges évoqués par des lignes acérées : on est plus proche d’un prototype étudiant que d’un blockbuster Xbox Series X. Cela dit, il y a un certain charme dans cette austérité, comme regarder un vieux film en noir et blanc après un marathon Marvel. Le problème, c’est qu’en 2026, plisser les yeux pour distinguer un pic d’un mur, ça n’a plus le même romantisme.

Stylo 4 couleurs

Au niveau du gameplay, heureusement, le jeu se rattrape avec une prise en main solide. Les déplacements sont précis, réactifs, et les mécaniques de double saut et de dash liées aux couleurs fonctionnent bien. Se plonger dans une flaque verte pour activer un dash ou dans une bleue pour débloquer un double saut apporte un petit côté puzzle malin. Ce n’est pas Portal non plus, mais ça fait le café. Les 80 niveaux s’enchaînent sans accroc grâce à une difficulté progressive bien dosée, et le fameux mantra mourir, recommencer, s’adapter devient vite une routine… parfois un peu trop.

Un beau bordel sous Paint

Pour la bande-son, préparez-vous à un voyage auditif tout droit sorti d’un vieux logiciel MIDI. Quelques notes qui tournent en boucle, une ambiance sonore minimaliste… et rapidement, une légère envie de couper le son pour lancer votre propre playlist. Là encore, les nostalgiques y verront un hommage, mais les autres auront surtout l’impression qu’on leur a piqué la musique d’un menu de jeu DOS. Ajoutez à cela un petit bug avec les touches affichées à l’écran en mode PlayStation sur Xbox, et on obtient une immersion légèrement bancale.

Trop de pics ici

Concernant la durée de vie, le contenu est honnête avec ses 80 niveaux, et la progression encourage à améliorer ses performances pour décrocher des bonus. Cela dit, la répétitivité pointe vite le bout de son nez, surtout si vous enchaînez les sessions. On est dans un jeu parfait pour des petites parties rapides, entre deux gros titres, mais pas forcément pour y passer des nuits blanches comme sur Elden Ring. C’est le snack vidéoludique par excellence : ça se consomme vite, mais ça ne nourrit pas longtemps.

Pousse, pousse

Au final, Little Things est un jeu qui joue clairement la carte de la nostalgie, parfois un peu trop fort. Si vous avez grandi avec des pixels gros comme des briques et des musiques qui bipent, vous y trouverez votre compte. Pour les autres, il faudra accepter de faire un bond dans le passé et de sacrifier un peu (beaucoup) de confort visuel et sonore. Heureusement, le gameplay tient la route, et c’est bien là l’essentiel… même si votre Xbox Series X mérite peut-être un peu plus qu’un jeu qui pourrait tourner sur un grille-pain.