Franck Riggs sait me décontenancer… Je lance Look Mum No Computer et je me dis : “Qu’est-ce que c’est encore que ce jeu indé, proche du vomi de pixels ?”. Dès les premières minutes, je sens la vibe des 90s. On contrôle Sam, accompagné de son ami Kosmo, son acolyte synthétiseur, et nous voilà en route pour nettoyer la ville de Solderworth des machines devenues folles.


J’enfile ma casquette de camionneur à l’envers, mon T-shirt LC Waikiki, mon sac banane qui n’est pas à 0,99 € chez un quelconque Lidl allemand, mon short en éponge orange laissant à nu mes magnifiques mollets de coq qui rendent Théo si envieux, et me voilà parti pour vous faire découvrir ce jeu.

Si le jeu est malheureusement uniquement en anglais, on comprend aisément que Sam est un teenager passionné de musique électronique, plus intéressé par le mouvement acid new beat que par Nirvana ou Guns & Roses comme moi à son âge. Les graphismes sont à peine dignes d’une NES, mais on rentre dans notre premier niveau : le synthétiseur.

Là, les commandes répondent bien. Encore heureux pour un twin-stick shooter qui tournerait sur une patate. On rencontre des éléments électroniques sur un PCB, ou circuit imprimé. Ceux-ci nous donnent des missions et c’est tipar pour découvrir les différents tableaux qui composent le niveau. En détruisant les ennemis, vous récoltez des composants électroniques : transistors, résistances… Eh oui, Look Mum No Computer a des éléments RPG.

En remplissant ces missions — escorte, éliminer tous les ennemis d’un tableau avec ou sans temps imparti — vous gagnerez d’autres missions ou des plans qui vous permettront de construire une nouvelle arme ou une arme passive, vous faisant progresser jusqu’au boss de la section.

Vous construisez votre première arme et là… Stupeur, hallucination visuelle ou enchantement : vous voilà dans un FMV, un full motion video vous montrant Sam construisant ladite arme. Digne de Digital Pictures ou American Laser Games, les studios de Night Trap et Mad Dog McCree. Du pur génie.

Mais le génie ne s’arrête pas là : chaque objet que vous créez et équipez influe sur le son et donc sur la bande-son du jeu. Bon, je vous rassure, ce n’est pas du Jean-Michel Jarre mais plus du Robert Carafe. Mais je dois reconnaître que c’est bien pensé et que cela rappelle à mon cœur ce bon vieux REZ.

Dans les neuf niveaux qui composent votre aventure, vous passerez par la caisse enregistreuse, le frigo, l’aspirateur, le flipper… Ils vous permettront de récolter des artefacts pour upgrader votre personnage et ses emplacements d’armes actives et passives, afin de mourir moins facilement et d’obtenir une bande-son qui frôle la frénésie auditive. J’en fais des caisses… de basses !! Jeu de mots Jingo !

Avec une difficulté paramétrable, le jeu n’a comme seul défaut que d’être en anglais. Pour peu que vous soyez ouvert d’esprit, ce jeu remplit vraiment bien son office. Un prix qui n’est malheureusement pas en adéquation avec l’expérience proposée : bien trop cher au vu de ce qui est offert pour ce tarif. Un petit jeu sympa, mais messieurs les développeurs et éditeurs, par pitié, sachez adapter le prix de votre produit pour permettre à ce type d’expérience de trouver son public et ne pas sombrer dans le gloubi-boulga des différents stores.
