Test de Mafia: The Old Country – Retour aux sources

Mafia: The Old Country nous emmène cette fois en Sicile au tout début du XXe siècle, loin des gratte-ciels américains et des fusillades à la Thompson. Ici, place aux vignobles baignés de soleil, aux couteaux bien aiguisés et aux chevaux qui remplacent (parfois) les grosses cylindrées. On y incarne Enzo Favara, un gamin brisé par la violence et le labeur, qui rêve de devenir un “homme d’honneur” auprès de la famille Torrisi. Autant dire que la route vers ce statut sera pavée de sang, de trahisons, et de dialogues où la loyauté se monnaie à coups de balles.

Cela va finir dans un bain de sang

La première claque, c’est la direction artistique. On se croirait vraiment en Sicile : lumière dorée sur les champs d’oliviers, cryptes poussiéreuses, petites ruelles pavées et volcan en colère. C’est beau, c’est varié, et ça donne parfois envie de poser la manette juste pour contempler le décor. Les cinématiques profitent aussi de visages bien modélisés, qui renforcent l’immersion dans l’histoire. Bon, les animations, elles, tirent un peu la tronche : Enzo est aussi souple qu’une planche quand il passe d’une couverture à une autre. Mais ça reste regardable, et ça colle au côté old school du jeu.

Et toi tu creuses

Le gameplay assume d’ailleurs pleinement cette vibe rétro. On retrouve le système de couverture, les fusillades en arène et les séquences bien calibrées. Rien de révolutionnaire, mais l’ensemble est solide et agréable. Les gunfights ont du punch, la conduite des voitures d’époque est étonnamment plaisante, et même le cheval se manie plutôt bien. Les combats au couteau, par contre… disons que voir un type se prendre une entaille façon “chirurgie ouverte” et continuer à te foncer dessus comme si de rien n’était, ça casse un peu la crédibilité. Après trois duels, on a vite l’impression de rejouer la même scène. C’est un peu dommage même si je comprend que cela rend certains combats importants plus intéressants qu’une balle dans la tête de loin.

Des lieux qu’on pourrait visiter de nos jours sans violence

Heureusement, l’histoire et les personnages rattrapent tout ça. Enzo est attachant, son évolution est bien écrite, et même les personnages secondaires — y compris féminins, ce qui est plutôt rare dans le genre — ont droit à de vrais moments de développement. On suit tout ça sur 14 chapitres comme une bonne série TV de la Mafia, avec une narration fluide, sans qu’on nous perde dans un bac à sable rempli de quêtes FedEx. Et franchement, ça fait du bien d’avoir un jeu qui ose encore proposer une expérience 100 % scénarisée et linéaire.

Le Don !

Côté ambiance sonore, c’est du haut niveau : doublages français réussis, musiques immersives, bruitages qui claquent. Seul petit bémol, une synchro labiale parfois à côté de la plaque en VF, mais rien de dramatique. Mention spéciale aux acteurs vocaux, qui donnent du charisme aux dialogues, même dans les scènes plus banales.

Des décors superbes

Évidemment, le tableau n’est pas parfait. L’IA des ennemis est d’une prévisibilité rassurante (on anticipe leurs rondes comme une horloge suisse), les temps de chargement plombent parfois le rythme, et on aurait aimé un peu plus de variété dans les combats rapprochés. Mais globalement, le jeu se tient bien, et surtout, il se finit avant de lasser : une douzaine d’heures pour boucler l’aventure principale, et une vingtaine si vous visez le 100 %.

En conclusion, Mafia: The Old Country est un très bon épisode de la saga, qui reprend les codes des deux premiers volets : une histoire scriptée, découpée en chapitres, qui traverse plusieurs années. Un vrai retour aux sources qui séduira les amateurs de narration classique, même si certains râleront sur son approche un peu trop old school. Pour ma part, c’est un coup de cœur : j’ai adoré suivre Enzo et la famille Torrisi, et j’ai eu l’impression de lire un excellent roman mafieux, mais manette en main.