Préparez-vous à enfiler la blouse d’un inventeur de génie… enfin, d’une souris inventrice surtout. Magnetail nous embarque dans une aventure de réflexion où le magnétisme devient la solution à tous les problèmes, un peu comme si Tony Stark avait décidé d’ouvrir un atelier pour rongeurs. Le principe est simple : pousser des modules d’énergie, utiliser des aimants pour les rediriger et résoudre des énigmes. Derrière cette promesse de casse-tête scientifique se cache en réalité une formule très proche du Sokoban classique d’Afil Games, avec quelques aimants posés ici et là pour donner un petit supplément de personnalité.

Concernant les graphismes, difficile de parler de révolution technologique. On est face à des environnements en pixel art assez simplistes, avec des niveaux qui tiennent chacun sur un seul écran. Tout est parfaitement lisible, ce qui est essentiel pour un jeu de réflexion, mais l’ensemble manque clairement de charme et de détails. On est plus proche d’un fond d’écran Windows XP oublié dans un laboratoire que d’une vitrine graphique capable de faire chauffer une Xbox Series X. Cela reste fonctionnel, mais rarement mémorable.

Au niveau du gameplay, les habitués des productions Afil Games seront en terrain connu dès les premières secondes. On pousse des éléments, on les place au bon endroit et les mécaniques magnétiques viennent simplifier la résolution des puzzles. Les objectifs sont très faciles à comprendre et les solutions apparaissent souvent assez rapidement. Les aimants apportent une petite touche d’originalité, mais ils rendent également plusieurs niveaux particulièrement accessibles. Résultat : on progresse sans véritable blocage. Même les joueurs capables de se perdre dans un tutoriel de Mario devraient s’en sortir sans difficulté. Heureusement, des options permettent de recommencer rapidement un niveau ou d’annuler le dernier déplacement, ce qui fluidifie encore davantage l’expérience.

Pour la bande-son, l’ambiance sonore fait malheureusement office de passager clandestin. Les musiques rappellent fortement ces morceaux d’ascenseur qui tournent en boucle pendant que vous attendez un rendez-vous important. Le problème, c’est qu’après plusieurs niveaux, elles reviennent encore et encore avec l’insistance d’un mème internet qui refuse de mourir. Rien de catastrophique, mais rien de particulièrement inspiré non plus. Les effets sonores remplissent leur rôle sans marquer les esprits.

Concernant la durée de vie, Magnetail propose 50 niveaux à compléter. Cela représente une petite soirée de réflexion légère, même si la faible difficulté réduit considérablement le temps nécessaire pour venir à bout de l’ensemble. Les chasseurs de succès risquent d’ailleurs de sourire en voyant les 2000G presque leur tendre les bras. C’est le genre de jeu que l’on termine tranquillement entre deux grosses sorties.
Pour conclure, Magnetail est un Sokoban correct qui remplit sa mission sans jamais réellement se dépasser. Les aimants apportent une petite variation sympathique, mais l’ensemble reste très classique, avec une difficulté modérée, une présentation minimaliste et une bande-son vite oubliée. Ce n’est certainement pas le pire représentant du catalogue Afil Games, mais il ne risque pas non plus de devenir le nouveau chouchou des amateurs d’énigmes. Disons qu’il attire la curiosité comme un aimant… puis la relâche presque aussitôt.
