Il existe deux types de personnes : celles qui rangent leurs câbles correctement et celles qui les poussent derrière le meuble en espérant que personne ne regarde. Mech Shelf s’adresse clairement à la première catégorie. Ce jeu de réflexion vous demande d’organiser des pièces robotiques sur une grille en respectant leur forme et leur valeur numérique. Sur le papier, l’idée est plutôt séduisante : un mélange entre puzzle spatial et sudoku mécanique où chaque composant doit trouver sa place pour construire une machine parfaite. Une sorte de Marie Kondo version robotique, mais avec beaucoup plus de chiffres et nettement moins de charisme.

Au niveau des graphismes, Mech Shelf ne fait malheureusement pas de miracles technologiques. Le style pixel art manque sérieusement de finesse et donne parfois l’impression de regarder un jeu mobile oublié dans un vieux dossier de sauvegarde. Certains y verront un charme rétro, moi j’y ai surtout vu des sprites grossiers qui piquent un peu les yeux. On est plus proche d’une vieille disquette retrouvée dans le grenier que d’un hommage inspiré aux classiques du genre.
Concernant le gameplay, l’idée de base fonctionne plutôt bien. Il faut faire pivoter les différentes pièces et placer le bon nombre sur le bon emplacement du quadrillage. Les énigmes rappellent parfois un sudoku qui aurait fusionné avec un jeu de rangement compulsif. Le problème, c’est que les commandes à la manette ne sont pas agréables. Là où un puzzle devrait procurer une sensation de fluidité et de satisfaction, on se retrouve parfois à lutter contre l’interface. C’est un peu comme essayer de monter un meuble IKEA avec des gants de boxe : le résultat est possible, mais le voyage n’est pas toujours plaisant.

Pour la bande-son, le constat est encore moins flatteur. Les musiques tournent rapidement en boucle et deviennent répétitives après quelques niveaux. Au départ, on les remarque à peine. Puis elles s’installent. Puis elles reviennent. Puis elles reviennent encore. À un moment, j’ai presque eu l’impression d’être coincé dans un mème internet de dix heures où la même mélodie se répète à l’infini. Ce n’est pas catastrophique, mais clairement barbant sur la durée.
Concernant la durée de vie, les amateurs de succès vont probablement sourire. Le 2000G est particulièrement facile à récupérer et les défis peuvent occuper quelques heures si vous aimez ce type de casse-têtes. Le souci, c’est que l’envie de continuer dépend énormément de votre tolérance à l’habillage général du jeu. Derrière son concept intéressant se cache une réalisation qui peine à soutenir l’intérêt sur le long terme. Un peu comme certaines saisons de séries Netflix : l’idée reste bonne, mais l’exécution ne suit pas toujours.

Au final, Mech Shelf repose sur un concept de réflexion plutôt malin qui parvient parfois à faire fonctionner les neurones avec plaisir. Malheureusement, entre ses graphismes peu inspirés, sa bande-son répétitive et son gameplay à la manette peu confortable, il ressemble à un robot assemblé avec les bonnes pièces mais dans le mauvais ordre. Il y a de bonnes idées dans cette boîte à outils mécanique, mais elles méritaient clairement une meilleure construction. Vous pouvez trouver bien mieux pour faire chauffer votre cerveau sans avoir envie de débrancher la machine au passage.
