Voyager dans le temps avec des chats, c’est un concept qui sent bon le dimanche après-midi sous plaid, et Meow Moments: Celebrating Myth & Machine l’assume sans la moindre gêne. Le jeu nous balade entre un royaume médiéval plein de magie et un futur néonisé où même les robots ont l’air dépassés par la technologie. Le tout est raconté sans texte envahissant, uniquement par des scènes bourrées de détails et de petites situations absurdes, comme si quelqu’un avait mélangé un vieux RPG fantasy, une carte postale cyberpunk et une armée de chats beaucoup trop mignons pour être honnêtes. Résultat: une ambiance cosy qui donne envie de fouiller chaque recoin, le sourire en coin, même quand on cherche un fichu ballon planqué derrière une caisse.

Côté gameplay, on est clairement en terrain connu si vous avez déjà touché à un Meow Moments. La formule reste la même, solide comme une vieille manette filaire: on observe une illustration très détaillée, on traque les objets demandés et on coche mentalement la liste. L’expérience se veut relaxante, presque méditative, un peu comme un puzzle sans pression temporelle. Les ballons à éclater ajoutent un mini plaisir régressif, ce petit moment où l’on clique juste pour le plaisir, sans réfléchir. Le système d’aide est bien dosé et évite de transformer la session en examen d’ophtalmologie, surtout quand un chat gris décide de se fondre dans l’ombre avec le talent d’un ninja.

L’interface mérite aussi son moment de gloire. Tout est clair, lisible et pensé pour que n’importe qui puisse jouer, du joueur solo avec son thé fumant à la partie familiale où chacun crie avoir vu l’objet avant les autres. On zoome, on se déplace facilement dans les décors et on ne lutte jamais contre les commandes. Cette simplicité est presque un luxe dans un monde où certains jeux semblent vouloir tester votre patience plus que votre sens de l’observation.

Au niveau des graphismes, difficile de ne pas tomber sous le charme. Les illustrations de Katia Numakura débordent de vie, de couleurs et de clins d’œil discrets. Le contraste entre le passé mythique et le futur high-tech fonctionne à merveille, avec des scènes qui racontent leur propre histoire sans dire un mot. On passe d’un château digne d’un Skyrim version chat à une métropole futuriste qui évoque un Blade Runner beaucoup plus mignon. Chaque écran donne envie de s’attarder, quitte à oublier ce qu’on était censé chercher au départ.
Pour la bande-son, le jeu joue la carte de l’efficacité douce. Les musiques médiévales sont chaleureuses et enveloppantes, tandis que les morceaux futuristes restent calmes et relaxants, loin des synthés agressifs. Rien de mémorable au sens épique du terme, mais une ambiance sonore parfaitement adaptée qui accompagne la recherche sans jamais lasser ni détourner l’attention.

Concernant la durée de vie et le renouvellement, c’est là que le bât blesse légèrement. Avec plus de 600 objets à trouver, dont 202 chats et autant de personnages, il y a de quoi faire, mais la structure ne se renouvelle jamais vraiment. Aucun nouveau mode, aucune surprise mécanique, juste la même routine qui s’enchaîne. Les fans y verront un confort rassurant, les autres risquent de ressentir un petit effet This is fine après quelques heures. Mais vu que le jeu coute dans les 3 euros, on peut dire que la durée de vie est solide pour le prix.
Au final, Meow Moments: Celebrating Myth & Machine est exactement ce qu’il promet: une parenthèse cosy, charmante et sans prise de tête. Il ne révolutionne rien, mais il le fait avec une telle bonne humeur qu’on lui pardonne facilement son manque d’audace. Si vous aimez chercher des chats à travers les âges, ce voyage temporel est fait pour vous. Sinon, vous risquez simplement de constater que, passé ou futur, un chat caché reste toujours un chat caché.