Dans les ruelles sombres de Sourisville, entre un club de jazz enfumé et un égout qui sent la fin de carrière, débarque MOUSE: P.I. For Hire, un FPS qui semble s’être échappé d’un vieux court-métrage des années 30. On y incarne Jack Pepper, détective dur à cuire avec plus de casseroles qu’un restaurant italien, dans une affaire qui commence comme une simple disparition et finit en complot bien crasseux. Le tout en noir et blanc, animé à la main, avec un style cartoon qui ferait passer Cuphead pour un débutant. Oui, ça tire dans tous les sens, mais avec le sourire. Ou plutôt avec un rictus de souris fatiguée.

Au niveau des graphismes, difficile de ne pas tomber immédiatement sous le charme de cette direction artistique complètement folle. Chaque décor semble dessiné avec un amour presque suspect pour les cartoons vintage, et les animations débordent de personnalité, que ce soit dans les expressions des personnages ou les gestes exagérés des armes. On a parfois l’impression de jouer dans un vieux film restauré en HD, avec une fluidité moderne. Malgré quelques bugs qui viennent parfois jouer les trouble-fête, l’ensemble reste bluffant et surtout cohérent. Un peu comme si Roger Rabbit avait décidé de faire un stage chez DOOM, avec une machine à écrire en guise de coach.

Concernant le gameplay, le jeu ne fait pas dans la dentelle et préfère clairement le chaos maîtrisé. Dès les premières minutes, on comprend que rester immobile est une mauvaise idée, et les affrontements demandent autant de réflexes qu’un joueur de FPS sous caféine. Le dash constant rappelle effectivement les derniers DOOM, et ce n’est clairement pas un hasard. Les combats en arène sont fréquents, parfois un peu répétitifs, mais heureusement compensés par une variété bienvenue grâce aux éléments du décor. Faire tomber une enclume ou exploser un baril d’acide sur un ennemi reste toujours aussi satisfaisant, comme un bon vieux cartoon de Tex Avery.

Du côté de l’arsenal, le jeu s’amuse autant que le joueur et propose un mélange d’armes classiques et d’objets complètement absurdes. Entre les boosts façon Popeye et les pouvoirs un peu WTF, chaque combat devient une opportunité de tester une nouvelle manière de semer le bazar. Le feeling est globalement excellent, même si certaines armes donnent parfois une impression de puissance un peu trompeuse. Les phases de plateforme apportent également une variété appréciable, avec de nouvelles capacités à débloquer, même si quelques imprécisions viennent nous rappeler qu’on n’est pas dans un jeu de plateforme pur.

En ce qui concerne la durée de vie, il faut compter une dizaine d’heures pour voir le bout de l’histoire en ligne droite, et facilement le double pour les complétionnistes. Le jeu propose une boucle assez classique avec des niveaux à parcourir, des indices à récupérer et un retour au QG pour faire avancer l’enquête. Dit comme ça, ça pourrait sembler répétitif, mais le level-design suffisamment inventif évite l’ennui. On regrettera tout de même l’impossibilité de rejouer certains niveaux, ce qui peut frustrer les amateurs de secrets bien planqués. Un comble pour un jeu qui encourage pourtant l’exploration.

Pour la bande-son, c’est un festival de jazz qui colle parfaitement à l’ambiance noir du titre. Chaque piste semble sortie d’un vieux vinyle oublié dans un bar clandestin, avec une composition qui accompagne parfaitement les phases d’action comme les moments plus calmes. Les doublages sont également solides, avec un Jack Pepper charismatique et bien incarné par Troy Baker. L’ensemble du sound design respire la passion, et ça s’entend. Clairement, on est loin du simple fond sonore générique.

Au final, MOUSE: P.I. For Hire est un FPS qui n’a pas peur de sortir du lot, avec une identité visuelle forte et un gameplay nerveux qui fait mouche. Il ne réinvente pas forcément la roue, mais il la repeint en noir et blanc avec tellement de style qu’on lui pardonne facilement ses petits défauts. Une aventure aussi charmante que chaotique, qui prouve qu’on peut tirer partout tout en gardant la classe. Et franchement, une souris avec autant de swag, ça ne court pas les égouts.
