Test de Nitro City Racing – Nitro bien à jouer ?

Dans une salle de réunion improbable, entre un type en costume qui répète « on va révolutionner le jeu de course » et un stagiaire qui murmure « on n’a pas de budget », quelqu’un branche Nitro City Racing sur un écran. Silence gêné. Puis un autre lâche : « Et si on faisait un jeu mobile… mais sur console ? » Tout le monde hoche la tête comme si c’était une idée brillante, pendant qu’un graphiste pleure discrètement dans un coin. Voilà, vous êtes prêts pour entrer dans Nitro City Racing, une virée arcade où l’objectif est simple : aller vite, éviter les voitures, et surtout ne pas trop regarder les détails.

Flou artistique

Dans ce jeu, il s’agit de devenir le roi de la route, celui qui slalome entre la circulation avec la grâce d’un pigeon sous Red Bull. Tu choisis ton véhicule, tu l’améliores, et tu fonces à travers différents modes : carrière, aller simple, et liberté totale, comme un dimanche sans contraintes… sauf que là, la contrainte principale c’est de ne pas s’endormir devant l’interface. Le jeu promet des sensations fortes, un retour aux classiques de la course arcade, avec des contrôles simples et une physique réaliste. Bon, « réaliste », c’est comme dire que Fast & Furious est un documentaire, faut relativiser un peu.

Interface à l’ancienne

Arrive ensuite le moment fatidique : le menu de sélection du véhicule. Et là, j’ai cru que ma télé venait de faire un bond dans le passé, genre époque PlayStation 2 en gueule de bois. C’est moche. Mais genre vraiment moche. Pas le « moche stylisé », non. Le moche qui donne l’impression que quelqu’un a oublié d’importer les textures finales. Et cette interface… longue, lente, pénible. On dirait un site web de 2004 qui galère à charger avec un modem 56k. J’ai eu le temps de me faire un café entre deux choix. Bon j’exagère un peu, mais globalement, c’est franchement vieillot.

On s’y croirait (or not)

Une fois en course, le gameplay se résume à une philosophie simple : gauche, droite, et parfois un bouton magique pour ralentir le temps ou balancer un boost de nitro. C’est tout. Pas de gestion fine, pas de subtilité. On est clairement sur un schéma hyper simplifié, façon jeu mobile free-to-play que tu lances dans le métro pour tuer cinq minutes avant d’oublier qu’il existe. Sauf que là, tu es sur console, installé confortablement, et tu te demandes pourquoi tu ne joues pas à autre chose. Même ma plante verte semblait juger mes choix de vie à ce moment-là.

La map pour enchainer des épreuves identiques

En persistant un peu, j’espérais tomber sur une mécanique cachée, un twist, un moment « ok, là ça devient intéressant ». Spoiler : non. Ce que tu vois au début, c’est ce que tu as après une heure, et probablement après trois. Les défis s’enchaînent, les routes défilent, mais la sensation reste la même : répétitive, monotone. Même une playlist Spotify aléatoire aurait apporté plus de surprises. Et pourtant, il y a une petite voix qui te dit « allez, encore une course », un peu comme ces applications mobiles qui te retiennent avec des récompenses. Sauf qu’ici, la récompense est surtout morale : tu as tenu combien de minutes de plus.

Pas Ferrari Challenge

Et puis il y a le prix. 4,99 euros. Sur le papier, ça semble presque donné. Sauf que dans les faits, j’ai eu cette réflexion étrange : « Attends… c’est quand même trop cher. » Oui, même à ce prix-là. C’est comme payer un kebab sans sauce ni viande. Techniquement, c’est de la nourriture, mais est-ce que tu es heureux après ? Pas vraiment.

En conclusion, Nitro City Racing donne l’impression d’un jeu mobile qui s’est trompé de plateforme et qui essaye de faire comme si tout était normal. Sauf que non, rien n’est normal, et l’expérience ressemble plus à un long tunnel sans sortie qu’à une course effrénée. À réserver aux collectionneurs de curiosités… ou à ceux qui veulent comprendre ce que « minimum syndical » veut dire dans le jeu vidéo.