Il était une fois un jeu de plateformes et d’énigmes en 2,5D qui nous transportait dans un monde de marionnettes et de coulisses mystérieuses. Une main désincarnée, une marionnette aux airs de pantin maudit, un royaume théâtral gouverné par un roi pas commode, et un voyage qui sent bon la métaphore filée sur l’amitié, la rédemption et les ficelles du destin. Bienvenue dans Once Upon a Puppet, où le théâtre n’est pas une option, c’est la règle.

On incarne donc Nieve, une petite main bannie comme une vieille paire de chaussettes trouées, et vite recollée (au sens propre) à Drev, une marionnette aussi muette qu’expressive. Ensemble, ils vont crapahuter à travers les « Basseplanches », lieu tout en décors mouvants, passerelles coulissantes et rideaux déchirés. Et franchement, visuellement, c’est plutôt réussi. Le style est soigné, les arrière-plans regorgent de détails, et on sent que les devs ont pris leur pied à créer cet univers de bois, de ficelles et de magie scénique.

Le gameplay démarre en douceur, avec des mouvements basiques, mais la sauce commence à prendre quand on débloque quelques compétences comme le double saut, bref, de quoi varier les plaisirs sans pour autant partir en feu d’artifice de mécaniques. La vraie idée maligne, c’est la complémentarité entre Nieve (qui manipule l’environnement) et Drev (qui saute partout comme une marionnette sous coke). Certaines énigmes demandent de vraiment réfléchir à deux cerveaux, et là, on se sent un peu intelligent. Mais pas trop longtemps non plus.
Car voilà, Once Upon a Puppet a un souci : il ne sait pas toujours où il va… et nous non plus. L’intrigue part fort, puis s’étiole un peu comme un rideau qui se décroche. On oublie parfois pourquoi on fait telle ou telle action. Et sans objectif clair, l’immersion en prend un coup. On continue plus par habitude que par vraie envie de savoir ce qui se passe ensuite.

Ajoutez à ça quelques bugs bien moches – genre le personnage qui traverse le sol et tombe dans le vide façon « erreur de mise en scène », ou l’objectif de quête qui se bloque parce qu’on a osé être trop malin – et vous obtenez une expérience qui sent le potentiel, mais reste engluée dans ses maladresses. Mention spéciale au costume que j’ai crafté trop tôt, ce qui a fait buguer le script… pas vraiment standing ovation, hein.
L’ambiance sonore, elle, fait le taf. La musique accompagne l’action sans jamais voler la vedette, même si on l’oublie aussitôt après. Pas de doublage pour nos héros, mais une narration qui cadre bien l’univers… sauf qu’on aurait aimé un peu plus d’âme dans les dialogues, parfois trop mécaniques pour un monde justement peuplé de marionnettes.

Once Upon a Puppet nous embarque dans un univers original et théâtral, riche d’idées et d’intentions louables. L’intégration entre personnages, gameplay et direction artistique fonctionne bien, mais l’ensemble souffre d’un manque de clarté dans ses objectifs, d’un gameplay parfois trop flottant, et de quelques bugs qui viennent saboter l’expérience. Pas loin d’une bonne surprise… mais la pièce n’était pas encore tout à fait prête à lever le rideau.
