Bienvenue chez Paranormal Activity Helpers Incorporated, où votre fiche de paie dépend directement de votre capacité à courir plus vite qu’une fillette possédée ou à gaver un fermier zombie jusqu’à ce qu’il vous laisse la paix. Pacify, c’est un petit jeu d’horreur coopératif où l’on part chasser du surnaturel dans des lieux pas franchement recommandés, tout en se demandant si l’on a bien fermé les volets chez soi. Vendu à prix doux (5 euros et des cacahuètes), le titre mise avant tout sur une ambiance efficace, une tension bien dosée et surtout une expérience à plusieurs.

Disons-le tout net : jouer en solo, c’est comme essayer de faire un escape game les yeux bandés. C’est faisable, mais ça pique. Pacify se savoure à plusieurs, de préférence à quatre, car la difficulté ne rigole pas. À deux, c’est déjà chaud, et seul… mieux vaut avoir des nerfs en titane. On regrettera d’ailleurs l’absence de réglage de difficulté : ici, c’est le mode « bonne chance » ou rien.

Côté contenu, Pacify propose quatre niveaux distincts, chacun avec sa propre ambiance, son folklore et ses joyeusetés paranormales. Dans le manoir, une gamine possédée vous traque entre deux poupées démoniaques. À la ferme, un ogre paysan vous court après en grognant pour son goûter. La forêt vous balance une sorcière invisible façon The Grudge, et dans le complexe final, c’est open bar de spectres en folie. Chacun de ces environnements a ses mécaniques bien à lui, obligeant à s’adapter constamment… ou à paniquer différemment.

Techniquement, on est clairement sur un budget light : textures datées, animations minimalistes et design globalement vieillot. Mais – surprise – l’ambiance fonctionne. L’obscurité est bien exploitée, les effets de lumière rendent la lampe torche indispensable, et certains sons sont là pour réveiller des traumatismes d’enfance (mention spéciale aux poupées qui ricanent dans les couloirs). Ce n’est pas beau, mais c’est bien flippant. Et finalement, c’est tout ce qu’on demande.

Le gameplay ne sort pas des sentiers battus : vue subjective, objets à ramasser, énigmes simples à résoudre sous pression. On court, on crie, on meurt, on recommence. Rien de révolutionnaire, mais l’efficacité est là. C’est un loop de jeu classique mais solide, surtout quand on joue avec des copains dont les hurlements couvrent les vôtres.
Quant à la durée de vie, elle dépend de votre résistance au stress et de votre envie de perfectionner chaque niveau. Une fois les mécaniques comprises, un niveau peut être torché en moins de 30 minutes. Mais la première fois, prévoyez bien plus (et un slip de rechange). Une fois tout fait, le jeu ne donne pas forcément envie de replonger tout de suite, à moins d’y revenir pour initier des amis.

En conclusion, Pacify est un petit jeu d’horreur sans prétention, taillé pour la coopération en ligne. Derrière sa technique datée se cache une ambiance redoutablement efficace, capable de vous faire sursauter ou éclater de rire à la moindre apparition. Idéal pour une soirée frissons entre amis, même si, une fois les esprits capturés et les cris poussés, on aura sans doute peu de raisons d’y revenir. Mais à ce prix-là, c’est un ticket pour la maison hantée qui vaut largement le détour.
